Moins de tiraillements, plus de solutions

Deux fois par an, la Fédération des entreprises de Belgique interroge ses fédérations sectorielles pour mesurer la température économique. Les résultats de l'enquête (*) ne laissent pas prévoir une régression importante dans l'immédiat, mais on assiste à une pause dans le cycle économique. La FEB escompte, pour la Belgique, une croissance économique de 1,75% en 2018 et de 1,8% en 2019. Les fondements économiques nationaux sont dans l’ensemble positifs, mais certains facteurs étrangers, tels que l’Italie, le Brexit ou la guerre commerciale de Trump, sont source de préoccupation.

Written by Pieter Timmermans, GENERAL MANAGEMENT
Written on 04 July 2018

L’activité économique
En ce qui concerne l’activité économique, l’enquête révèle qu'après un second semestre 2017 très vigoureux, il est question en ce moment d'un affaiblissement de l'activité économique dans l'UE et en Belgique. Alors qu'au second semestre 2017, seuls 2 secteurs faisaient état d'une baisse de leur activité, ils sont 4 pour les premiers mois de 2018. Les causes étant liées à des facteurs conjoncturels tels que l'appréciation de l'euro en 2017 et la hausse des prix des matières premières touchants les secteurs du textile et de l’assemblage automobile ou à des facteurs structurels persistants liés aux habitudes changeantes des consommateurs touchant le commerce de détail ou l’industrie graphique, qui optent de plus en plus pour le numérique.

L'optimisme quant aux perspectives de l'activité économique au cours des 6 prochains mois est quelque peu retombé. Les secteurs sont plus nombreux à croire que leur production se stabilisera (57% en mai 2018 contre 47% en novembre 2017), ils sont moins nombreux à prévoir une nouvelle hausse (33% en mai 2018 contre 52% en novembre 2017).

Les investissements
Les plans d'investissement des entreprises belges restent pour l'instant à un niveau élevé. En novembre, 7 secteurs pensaient continuer à investir au cours des six mois à venir. Aujourd'hui, ils sont même huit. En novembre, c’était l'industrie qui était la plus représentée, aujourd'hui, ce sont surtout les secteurs de services qui prévoient une augmentation de leurs investissements. L'innovation reste le motif d'investissement décisif.

L’emploi
Au sujet de l’emploi, notre enquête fait encore ressortir un optimisme relativement fort concernant les perspectives d’emploi. Lors du sondage précédent, 5 secteurs industriels avaient l’intention d’embaucher plus. À la suite de perspectives un peu moins favorables pour la demande extérieure, 3 d’entre eux s’en tiennent à présent à des prévisions stables. 

La grande majorité des secteurs (70%) prévoit que l’emploi devrait à peu près se stabiliser au cours des prochains mois. Il ne semble donc pas y avoir de menace d’une grande vague de délocalisations ou de restructurations. L’évolution favorable des coûts salariaux enregistrée ces dernières années y contribue indubitablement.

Le deal pour l'emploi
Les fondements économiques sous-jacents sont et restent solides : les entreprises continuent d'investir et de créer des emplois et l'injection de pouvoir d'achat via le tax shift et l'accord salarial (AIP) modéré soutiennent la consommation intérieure. Le léger creux économique actuel est probablement temporaire et imputable surtout aux incertitudes liées à des développements internationaux tels que le Brexit ou la guerre commerciale éventuelle avec les USA.

Il y a des emplois, mais les pourvoir est un défi considérable. Le taux de vacance d’emploi ne cesse de croître. Nous attendons donc énormément du deal pour l’emploi qu’a lancé notre Premier ministre. Nous avons livré au gouvernement notre  input et allons élaborer, en collaboration avec tous les partenaires sociaux, une déclaration commune à ce sujet. En début d’année, nous avons par ailleurs lancé un appel pour ne pas faire de 2018 une année perdue et continuer à prendre des mesures politiques. Aujourd'hui, je réitère cet appel avec plus d'insistance encore. Il est temps de mettre un terme aux tiraillements au sein et entre les gouvernements. La dernière année de la législature attend encore une réponse forte à plusieurs défis importants. Les priorités formulées à l'époque (nombreux postes vacants, problème des congestions, pacte énergétique et pacte d'investissement) sont toujours d'actualité. La fièvre électorale n'est pas de mise.

Pieter Timmermans, administrateur délégué

(*) Lire le Focus Conjoncture de la FEB ‘Le cycle économique marque une pause’


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