Les priorités de la coalition allemande tricolore : multilatéralisme et État fédéral européen

Dans une édition précédente de l’Impact, nous avons parlé de la visite d’Angela Merkel en Belgique dans la cadre de sa tournée officieuse d’au revoir en sa qualité de chancelière allemande. Nous sommes aujourd'hui à l’aube d’une nouvelle ère : celle du social-démocrate Olaf Scholz. Qui sont les membres du gouvernement Scholz et quelles sont leurs priorités au niveau européen et international ? Belgian Business for Europe (BBE) et la Platform International de la FEB ont invité Heiko Willems, le chef de la représentation de la BDI (Association fédérale de l’industrie allemande) à Bruxelles, à leur table digitale pour répondre à ces questions. 


Sofie Declerck, COMPETENCE CENTRE EUROPE & INTERNATIONAL
02 February 2022

Les élections de septembre 2021 ont bouleversé fondamentalement le statu quo des relations entre les partis allemands. Le parti conservateur CDU/CSU, jusqu'à récemment le parti de l'ex-chancelière Merkel, a perdu quelque 9 %, ainsi que son rôle dominant dans l'arène politique allemande. Pour leur part, les sociaux-démocrates du SPD ont réalisé leur meilleure performance, avec un résultat de 25,9%. Les libéraux et les verts ont également vu leurs voix augmenter, tandis la popularité de l’extrême gauche et de l’extrême droite est en recul. Le résultat est une coalition « feu tricolore » regroupant le rouge, le jaune et le vert, le SPD, les libéraux du FDP et les Verts

Quels sont les projets de cette coalition sur le plan européen ? À la lecture des 178 pages du Koalitionsvertrag, nous constatons que les objectifs européens sont à première vue très ambitieux. Ainsi, il est fait référence à la Conférence sur l’avenir de l’Europe, amorce d’une constitution européenne pour un État fédéral européen. Il y a aussi des ambitions très concrètes, comme la fin du "vote allemand" ou le constat douloureux que l'Allemagne est souvent incapable de voter au niveau européen, faute de consensus interne. Sur le plan industriel, le gouvernement souligne l’importance d’une Europe forte, mais surtout ouverte. Il misera non seulement sur l’axe traditionnel franco-allemand, mais aussi sur le triangle de Weimar constitué de la France, de l’Allemagne et de la Pologne. Il fait une distinction entre le monde politique, d'une part, et les gens ou les business communities, d’autre part. Notre organisation sœur allemande BDI reste toutefois sur sa faim en ce qui concerne l’approfondissement du marché intérieur, un engagement d’éviter le gold-plating ou une vision plus large sur la compétitivité de l’EU.

Sur le plan international, le gouvernement Scholz confirme dans l’accord gouvernemental l'importance du multilatéralisme et d’un ‘free and fair trade’ et il privilégie une combinaison des deux. Le gouvernement voit des opportunités dans le renouvellement et l'approfondissement des relations avec les États-Unis, notamment dans les domaines de la santé, des droits de l'homme, de la connectivité, du commerce et de la création de normes communes. Vis-à-vis de la Chine, le gouvernement conserve la vision classique : partenaire, concurrent et rival. Le Royaume-Uni est mentionné comme l’un des principaux alliés de l’Allemagne.

Le gouvernement Scholz semble être ambitieux, pro-européen et également orienté vers l'international. La FEB ne peut qu'encourager une telle attitude de la part de notre principal partenaire commercial.

Article écrit avec la collaboration de Fien Van Reempts

Photo ©belga

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