La Commission européenne a récemment publié sa boussole pour la compétitivité (Competitiveness Compass). Cette stratégie globale doit définir l’orientation à suivre pour les années à venir. Il s’agit de la première action d’envergure entreprise par la nouvelle Commission. Un changement de cap est-il opéré ?
Dans quelle direction la boussole pointe-t-elle ?
La stratégie repose sur trois piliers découlant du rapport de l’ancien président de la BCE, Mario Draghi. Ces piliers s’accompagnent d’initiatives spécifiques que la Commission pilotera au cours de son mandat, pendant les cinq prochaines années.
- 1. Combler le fossé en matière d’innovation
Le premier pilier vise à résorber l’écart avec les États-Unis et la Chine en matière d’innovation. Pour ce faire, l’UE souhaite créer un environnement favorable aux jeunes entreprises. Grâce à une stratégie spéciale de l’UE pour les start-up et les entreprises en expansion, ces sociétés auront l’opportunité d’exploiter leur potentiel de manière optimale. L’UE entend par ailleurs simplifier les réglementations et législations par l’intermédiaire d’un 28e régime juridique. Il devrait permettre aux entreprises d’exercer leurs activités plus facilement dans l’ensemble de l’Union grâce à un régime unique. En outre, des plans d’action spécifiques seront introduits pour le développement des matériaux avancés, des technologies quantiques, de la biotechnologie, de la robotique et des technologies spatiales.
- 2. Décarboner et rester compétitifs
Le deuxième pilier est une feuille de route conjointe pour la décarbonation et le renforcement de la compétitivité. L’UE souhaite entre autres faciliter l’accès à une énergie abordable grâce à son pacte pour une industrie propre (Clean Industrial Deal). Cette initiative doit contribuer à réduire les émissions de carbone, en particulier pour les entreprises à forte intensité énergétique, et soutient leur transition vers des technologies bas carbone. Là encore, des plans d’action spécifiques seront élaborés pour les secteurs les plus vulnérables durant cette phase de transition (tels que l’acier, les métaux et les produits chimiques). En parallèle, un plan d’action pour une énergie abordable (Affordable Energy Action Plan) est prévu pour faire baisser les prix et les coûts de l’énergie.
- 3. Réduire les dépendances et renforcer la résilience et la sécurité
Le troisième pilier s’axe sur la réduction des dépendances et le renforcement de la résilience et de la sécurité. Des partenariats pour des échanges et des investissements propres (Clean Trade and Investment Partnerships) seront établis afin de garantir l’approvisionnement en matières premières, en énergie propre, en carburants durables pour les transports et en technologies propres provenant du monde entier. De plus, les règles relatives aux marchés publics seront révisées, avec notamment l’introduction d’une préférence européenne lors de la passation de marchés publics pour les secteurs et technologies critiques.
Le navire change-t-il de cap ?
Il est évident que la Commission européenne a modifié son orientation afin de renforcer la position de l’UE sur la scène internationale. Il s’agit toutefois davantage d’une conséquence de facteurs externes que d’une cause. Quoi qu’il en soit, le navire s’oriente désormais prudemment dans la bonne direction.
L’on attend toutefois avec impatience des actions et des initiatives concrètes, qui traduisent les paroles en actes. Notamment :
- la présentation du programme de travail de la Commission, le 11 février ;
- le très attendu pacte pour une industrie propre (Clean Industrial Deal) et la proposition Omnibus, le 26 février ;
- et la communication sur l’union de l’épargne et des investissements (Savings and Investments Union), le 19 mars.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur EU competitiveness – European Commission.
