Actualités • 26 novembre 2025

COP30 : nouveau reality check pour l’Europe

La COP30 s’est achevée à Belém le week-end dernier. Depuis l’accord historique de Paris signé il y a dix ans, le climat, mais aussi les relations entre les pays ont manifestement beaucoup changé.

Au cours des deux dernières semaines, le Brésil a accueilli le trentième sommet des Nations unies sur le climat, dix ans après l’accord historique de Paris. Il avait alors été convenu de maintenir la hausse des températures en dessous de 2 °C et de viser une limitation à 1,5 °C. En raison de cet anniversaire et de l’évolution considérable du contexte international depuis la COP de Paris, la COP30 symbolisait la pérennité de l’approche multilatérale de la crise climatique.

La COP de la mise en œuvre

Ce sommet devait être celui de la mise en œuvre. Dix ans après Paris, le paysage politique était mûr pour passer de la négociation à l’action. L’un des principaux défis consistait en l’abandon des combustibles fossiles, comme promis lors de la COP28 de Dubaï. Un groupe de plus de 80 pays, dont la Belgique et l’UE, a insisté sur la nécessité de définir un plan par étapes pour concrétiser cette promesse. Malheureusement, la feuille de route n’a pas été retenue dans la conclusion finale.

Deux initiatives ont toutefois été lancées afin de se rapprocher autant que possible de l’objectif de plafonnement à 1,5 °C.

  1. 1. Le « Global Implementation Accelerator » doit accélérer la mise en œuvre des plans climatiques nationaux.
  2. 2. La « Belém Mission to 1.5 » vise à concrétiser les contributions nationales et les plans d’adaptation.

Un bémol cependant : ces deux initiatives sont volontaires et ne sont donc pas contraignantes. De plus, elles ne fixent pas d’objectifs concrets. Elles ne répondent par ailleurs pas aux attentes de l’UE et de nombreuses autres parties.

La réalisation la plus concrète de la COP30 est l’accord sur le financement des mesures d’adaptation au changement climatique. Les pays développés ont accepté de tripler le financement de l’adaptation climatique des pays en développement d’ici à 2035, soit cinq ans plus tard que ce qu’espéraient de nombreux pays en développement. À cela s’ajoute le fait que l’Union européenne devra supporter la majeure partie de ce financement, sachant que la Chine et l’Inde sont toujours considérées comme des pays en développement et que les États-Unis n’ont pas participé à la COP et n’ont donc pris aucun engagement.

Après la COP29 décevante de Bakou, on ne peut pas non plus parler d’un grand succès cette année.

La COP de la vérité

En l’absence des États-Unis, cette conférence sur le climat a également été qualifiée de « COP de la vérité ». Elle devait prouver que nous sommes toujours capables de trouver des solutions multilatérales à des défis communs.

Il n’est absolument pas certain que l’accord en soit la preuve. Après la COP29 décevante de Bakou, on ne peut pas non plus parler d’un grand succès cette année. Il semble que ce soit surtout l’Union européenne qui ait dû mettre beaucoup d’eau dans son vin pour éviter un sommet sans accord.

Enfin, à la demande, notamment, de la Chine, de l’Inde et de l’Arabie saoudite, l’accord stipule que les « mesures climatiques unilatérales » ne peuvent constituer des « restrictions déguisées au commerce international ». Dans le viseur de ces pays : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM).

Conclusion ? La COP30 a montré que la diplomatie climatique n’est pas à l’abri des changements géopolitiques actuels. Et il semble que l’UE doive admettre qu’elle ne pèse plus autant sur l’échiquier depuis quelques années.

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A propos des auteurs
Maarten Van Eeckhoute
Centre de compétence Énergie, Climat & Mobilité