Opinion

L’union fait la force

Hélas, l’Espagne était trop forte. Mais quel bonheur de constater que les performances des Diables Rouges à la Coupe du monde aux États-Unis ont uni les Belges, et même pratiquement le monde entier. Comme il serait merveilleux que le monde politique affiche lui aussi la volonté et la force nécessaires pour insuffler une dynamique de cohésion dans notre pays qui, malheureusement, reste trop souvent divisé par la langue, la culture et les querelles politiques.

C’est en revanche cet esprit d’équipe que nous retrouvons au niveau de la Belgique entrepreneuriale, qui œuvre en tant que bloc unique à un objectif social commun : la croissance au service de la prospérité de tous dans notre pays. C’est cette cohésion qui nourrit notre résilience et motive les entreprises à s’adapter en permanence aux évolutions nationales et mondiales.

Un plan de croissance plutôt qu’un plan fiscal

Et ce monde est en constante mutation. Ces dernières semaines et ces derniers mois ont été étouffants, et pas uniquement sur le plan météorologique. En effet, de nombreux sujets brûlants sont encore en suspens dans nos propres chambres politiques. Le budget, pour n’en citer qu’un de poids. Le rapport du Comité de monitoring est sans appel : à défaut d’un changement de cap de la politique actuelle, notre pays se dirige tout droit vers un gouffre budgétaire plus profond que prévu. Cette « nouvelle » politique doit viser davantage que la seule reprise et favoriser une croissance structurelle. Car seule la croissance génère des recettes supplémentaires. On ne rééquilibre pas un budget en sollicitant à nouveau financièrement les entrepreneurs. Nous ne pourrons pas nous en tirer avec un simple « plan fiscal ». L’ambition doit être celle d’un véritable « plan de croissance ».

La Belgique a besoin d’un plan de croissance, mais aussi de cohésion, pour préserver sa prospérité.

Malheureusement, les astres ne sont pas favorables à une telle politique de croissance. Notre récente analyse conjoncturelle prévoit même cette année une réduction de moitié de la croissance de l’économie belge, qui atteindrait à peine 0,5 %. Un nouveau choc inflationniste, la hausse des prix de l’énergie et l’intensification des tensions géopolitiques mettent une fois de plus en lumière la vulnérabilité de notre économie. Pour une dynamique durable, la Belgique a besoin d’une croissance d’au moins 1,5 %. Seul un plan de croissance complet permettra de concrétiser d’autres priorités politiques, telles que le maintien de notre État-providence, la réduction de notre déficit public excessif à 3 % du PIB, et la prévention de l’effet boule de neige des taux d’intérêts, particulièrement néfaste, par lequel les dépenses d’intérêts génèrent de nouvelles dettes, alimentant une spirale infinie de dettes et de charges d’intérêts.

Une répartition équitable

Espérons que l’été portera conseil. Il est temps de rafraîchir les esprits, de se ressourcer et de recharger ses batteries. Le gouvernement pourra ainsi entamer, dès la rentrée politique, les concertations en faisant front commun. Notre Premier ministre est convaincu que notre pays peut économiser 10 milliards EUR sans compromettre sa croissance économique. Nous ne demandons qu’à y croire.

Mais comment allons-nous faire face à la crise de compétitivité ? Comment répartir équitablement la perte de prospérité causée par les crises géopolitiques entre les entreprises, les consommateurs et les autorités ? Comment pouvons-nous, en tant que plus grande organisation d’employeurs, contribuer à sortir notre pays de ce marasme ? Avec nos fédérations sectorielles membres, nous sommes prêts à dialoguer pour trouver des solutions en faveur d’une Belgique meilleure. Pas de nouvelles couches d’impôts, mais des mesures favorisant la croissance. Pas d’interventions complexes, mais des formalités administratives réduites et un octroi des permis accéléré.

En conclusion, ne nous contentons pas de rêver, mais efforçons-nous réellement d’atteindre un effet « Diables Rouges », de ceux qui ne se présentent que rarement. Un moment d’unité dont la portée marquera durablement les esprits.

La fin de l’été s’annonce assurément encore très chaude, mais d’ici là, nous souhaitons à chacun de passer des vacances « rafraîchissantes » !

Partagez cette page:
A propos des auteurs
Pieter Timmermans
CEO
Jan Vander Stichele
Président