Opinion

Économie belge : des forces qui s’érodent, des faiblesses qui s’installent 

En quelques années, l’économie belge a perdu du terrain. Si ce recul s’inscrit en partie dans le déclin relatif de l’Europe, les faiblesses propres à notre économie sont particulièrement préoccupantes. 

La FEB réalise régulièrement un scoreboard des forces et faiblesses de l’économie belge. Et le constat est sans appel : depuis 2019 et la période précédant la crise du Covid, la situation s’est fortement dégradée. À l’époque, notre scoreboard faisait apparaître un équilibre : six points forts et six points faibles.

Aujourd’hui, la Belgique ne figure plus dans le peloton de tête que dans trois domaines : la recherche et développement, le niveau d’investissement et notre intégration dans le commerce européen.  Du côté négatif du tableau, les signaux d’alerte se multiplient. La Belgique cumule un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la zone euro, avec une croissance anémique inférieure à 1% ces trois dernières années. Plus inquiétant encore, cette faiblesse de la croissance n’a plus grand-chose de conjoncturel. Elle s’installe progressivement comme une faiblesse structurelle de notre économie. 

Une compétitivité qui se dégrade 

En cause notamment, l’affaiblissement de notre compétitivité. L’inflation belge est systématiquement supérieure à celle de nos principaux voisins et le handicap absolu des coûts salariaux, que nous étions parvenus à ramener à environ 8 % en 2019, est repartie à la hausse après la crise inflationniste de 2022-2023 et se trouve encore et toujours au-dessus de 10%. Cette perte de compétitivité se traduit très concrètement par un recul de nos performances à l’exportation et par une capacité plus faible de nos entreprises à défendre leurs positions sur les marchés internationaux. 

Les perspectives d’avenir ne sont guère plus rassurantes. Les résultats scolaires reculent, tandis que le nombre de jeunes qui s’orientent vers les filières STEM reste insuffisant pour répondre aux besoins futurs de notre économie. 

Un outil à mettre sur la table de chaque ministre 

Ce scoreboard devrait dès lors être davantage qu’un simple état des lieux. Il devrait se trouver sur la table de chaque ministre chaque fois qu’une nouvelle mesure est envisagée et, plus encore, chaque fois que le gouvernement débat du budget. Car derrière chaque décision budgétaire se pose au fond la même question : contribue-t-elle à renforcer durablement notre économie ou affaiblit-elle encore notre capacité à créer de la prospérité ? 
Face à ces défis, la résignation n’est pas une option. La Belgique dispose toujours d’atouts considérables, mais il faut à nouveau placer la croissance au cœur de nos choix collectifs. C’est avec cette ambition que la FEB a élaboré un plan de croissance, qu’elle publiera prochainement, pour remettre durablement notre économie sur la voie de la prospérité. 

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Pieter Timmermans
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