Actualités • 18 mars 2025

Droits de douane américains et contre-mesures européennes

Depuis le 12 mars, des droits de douane de 25 % sont appliqués aux importations d’acier, d’aluminium et de leurs dérivés aux États-Unis. La Commission européenne a réagi en adoptant un ensemble de contre-mesures qui entreront en vigueur début avril et mi-avril.

La semaine dernière, les États-Unis ont introduit de nouveaux droits de douane de 25 % sur les importations d’acier, d’aluminium et de produits dérivés. Il s’agit des mesures suivantes :

  • Réintroduction des droits de douane au titre de la section 232 : les droits de douane sur les produits en acier et en aluminium appliqués en 2018 et 2020 sont réintroduits. Il s’agit de divers produits semi-finis et finis, tels que les tubes d’acier, le fil métallique et les feuilles d’étain.
  • Augmentation des droits de douane sur les produits en aluminium : les droits de douane sur certains produits et dérivés de l’aluminium, y compris ceux provenant de l’UE, passeront de
    10 à 25 %.
  • Nouveaux droits de douane sur les produits dérivés de l’acier et de l’aluminium : selon les proclamations présidentielles 10895 et 10896, de nouveaux produits dérivés de l’acier et de l’aluminium sont soumis à un droit de douane de 25 %. Parmi ces produits figurent des articles ménagers, des ustensiles de cuisine, des cadres de fenêtres, des machines, des équipements de fitness, des appareils électriques et des meubles.

Selon les États-Unis, ces mesures sont destinées à protéger l’industrie américaine de l’acier et de l’aluminium, mais elles ont des implications mondiales. Les droits de douane affecteront 26 milliards EUR d’exportations européennes. En Belgique, environ 3 % des exportations d’acier et 6 % des exportations d’aluminium sont destinées aux États-Unis. Aux USA, les importateurs devraient payer jusqu’à 6 milliards EUR de coûts supplémentaires.

Réaction européenne

En réponse aux mesures commerciales américaines, la Commission européenne a réagi rapidement et de manière décisive pour protéger les intérêts européens. La Commission a annoncé deux mesures importantes :

  • Réintroduction de contre-mesures déjà appliquées dans le passé : la suspension des contre-mesures adoptées à l’encontre des États-Unis en 2018 et 2020 prendra fin le 1er avril. Ce sera la première fois que ces mesures seront appliquées dans leur intégralité, avec des droits de douane sur des produits allant des bateaux aux motos en passant par le bourbon.
  • Contre-mesures supplémentaires : compte tenu de l’impact plus large des nouveaux droits de douane américains sur le commerce européen, la Commission a lancé le processus visant à introduire des contre-mesures supplémentaires à la mi-avril. Ces mesures concerneront des biens représentant une valeur d’environ 18 milliards EUR.

En ce qui concerne ces mesures supplémentaires, la Commission organise une consultation au cours de laquelle les parties prenantes peuvent exprimer leur point de vue sur les produits qui pourraient être ajoutés à la liste. La date limite pour participer à cette consultation est fixée au 26 mars à midi.

Impact sur le commerce

L’introduction des droits de douane américains et la réaction de la Commission européenne marquent une nouvelle étape dans les relations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne. Alors que les deux parties cherchent à protéger leurs propres industries, il est important de considérer les implications économiques plus larges et de chercher des solutions qui seront bénéfiques pour les relations commerciales sur le long terme. Il est dans l’intérêt de tous de faciliter le commerce et les investissements entre l’Europe et les États-Unis et d’éviter une guerre commerciale qui ne fera que des perdants. C’est pourquoi l’Europe doit évaluer correctement les conséquences de ces actions et réagir à l’unisson pour protéger ses intérêts (et ceux de ses États membres). Elle doit en outre privilégier une solution négociée.

La diversification des marchés à l’importation et à l’exportation, comme le Mercosur et le Mexique, demeure essentielle pour limiter les risques.

Par ailleurs, la diversification des marchés à l’importation et à l’exportation, comme avec le Mercosur et le Mexique, demeure essentielle pour limiter les risques. Dans le contexte géopolitique incertain actuellement, l’UE doit renforcer son économie et sa compétitivité pour résister aux pressions économiques. C’est également le message qu’a fait passer notre organisation faîtière européenne, BusinessEurope, à Washington D.C. la semaine dernière.

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Torre Van de Walle
Centre de compétence Europe & International