La Belgique conserve sa place parmi les leaders mondiaux de l’innovation, comme le montre la récente édition de l’Indice mondial de l’innovation (Global Innovation Index). Toutefois, la concurrence ne se contente pas de faire du surplace. À l’heure où la pression budgétaire s’intensifie, il est essentiel de préserver les incitants à la recherche et au développement comme moteurs de croissance et de prospérité.
La Belgique reste dans le peloton de tête mondial
La Belgique recule de la 21e à la 22e place dans le classement de l’Indice mondial de l’innovation (GII) 2026 de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Notre pays maintient cependant sa place parmi les économies les plus innovantes au monde. La Belgique performe particulièrement bien dans des domaines tels que la création de connaissances, la recherche, les activités liées aux technologies de pointe et la coopération entre les entreprises et les centres de connaissance.
Cette performance ne doit rien au hasard. Au cours des dernières décennies, la Belgique a construit un écosystème solide réunissant des universités, des centres de recherche, des entreprises et des incitants fiscaux ciblés pour la recherche et le développement (pour en savoir plus sur les incitants à la R&D, consultez notre Baromètre de la fiscalité belge). Cette approche a porté ses fruits. La Belgique figure aujourd’hui parmi les chefs de file européens en matière d’investissements privés dans la R&D.
Championne de l’innovation, mais avec quelques faiblesses
L’indice révèle néanmoins aussi quelques points faibles. La Belgique crée beaucoup de connaissances, mais éprouve davantage de difficultés à les convertir à grande échelle en croissance économique. L’environnement général de marché, la disponibilité des capitaux de croissance et la capacité à accompagner rapidement les entreprises innovantes dans leur développement restent des points d’attention.
Les résultats obtenus dans le pilier « infrastructures » sont également interpellants : notre pays n’y occupe que la 42e place. Il s’agit là d’une belle preuve que l’innovation ne repose pas exclusivement sur la recherche. Une capacité du réseau adaptée, des infrastructures modernes (comme les centres de données) et des procédures d’octroi de permis efficaces sont au moins aussi importantes.
La concurrence internationale n’attend pas
La perte d’une place au classement peut paraître marginale, mais l’innovation est, par définition, une compétition internationale. Alors que la Belgique s’efforce de conserver sa position dans le peloton de tête, d’autres pays investissent de plus en plus massivement dans l’intelligence artificielle, la digitalisation, la deeptech et les technologies stratégiques.
Économiser sur l’innovation revient à économiser sur la croissance
Dans son plan de croissance, la FEB souligne qu’un climat favorable à la R&D et à l’innovation demeure crucial pour la croissance de notre pays. Il est indispensable de maintenir des instruments tels que la dispense de versement du précompte professionnel pour les chercheurs, la déduction pour innovation et d’autres incitants en faveur de l’innovation. Ces mesures ont contribué à faire progresser la Belgique du milieu du peloton européen au rang de leader en matière de dépenses privées de R&D (plus d’informations dans notre Baromètre de la fiscalité belge). Elles soutiennent non seulement la recherche, mais attirent également les investissements et le capital humain.
Pour une économie ouverte caractérisée par des coûts salariaux élevés, l’innovation est en outre l’une des principales sources de compétitivité. Elle nous permet de nous distinguer par nos connaissances, notre créativité, ainsi que nos produits et services de haute qualité. Toucher aux fondements de notre politique d’innovation revient donc aussi à compromettre la croissance future de notre économie.
Économiser aujourd’hui sur l’innovation, c’est risquer demain une perte de croissance, d’investissements et d’emplois.
Cela rend le débat budgétaire particulièrement pertinent. Les finances publiques doivent bien entendu être assainies. Mais toute économie réalisée aujourd’hui sur les moteurs de croissance future risque d’alourdir la facture demain. Une innovation en baisse se traduit en effet par un recul des investissements, de la productivité, de la croissance économique et, à terme, des recettes fiscales.
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