Depuis juillet 2023, la Belgique dispose d’un mécanisme interfédéral pour le filtrage des investissements directs étrangers. Durant la troisième année de fonctionnement, le nombre de notifications a fortement augmenté. Quels enseignements tirer des chiffres les plus récents ?
Ouverture et sécurité économique
Les investissements étrangers soutiennent la croissance, l’emploi et l’innovation. Parallèlement, certaines transactions peuvent comporter des risques pour l’ordre public, la sécurité nationale ou les intérêts stratégiques de la Belgique. Le mécanisme de filtrage ne vise donc pas à limiter tous les investissements étrangers, mais à évaluer les transactions sensibles dans un cadre clair et prévisible.
Hausse des notifications
Du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026 inclus, le secrétariat du Comité de filtrage interfédéral a reçu 191 notifications. Au moment de la rédaction du rapport annuel, 162 investissements avaient été autorisés et 27 dossiers étaient encore en cours de traitement. Deux investissements ont été autorisés sous réserve de mesures correctives. Aucun investissement n’a été refusé ou retiré par l’investisseur.
Dans huit dossiers, le secrétariat a ouvert une procédure de filtrage plus approfondie après le premier examen. En outre, il a envoyé 27 demandes d’informations concernant des transactions potentielles qui n’auraient pas été notifiées.
Origine et secteurs concernés
Les États-Unis demeurent de loin le principal pays d’origine avec 91 transactions, suivis par le Royaume-Uni avec 46 transactions.
Les informations sensibles et les données à caractère personnel ont constitué la plus grande catégorie avec 43 transactions. Viennent ensuite l’énergie avec 28 transactions, l’infrastructure numérique et la santé avec 13 chacune, et les technologies à double usage avec 12 transactions.
Répartition géographique
Parmi les investissements ciblés géographiquement, 143 ont eu un impact sur la Flandre, 47 sur la Région de Bruxelles-Capitale et 43 sur la Wallonie. Comme un investissement peut concerner plusieurs régions, la somme des chiffres régionaux est supérieure au nombre total de dossiers.
De la statistique à la pratique
Le fait que le mécanisme de filtrage soit désormais plus qu’un simple instrument administratif est apparu peu après la période de rapport. En août 2026, il a été décidé de bloquer le rachat d’une entreprise d’hélicoptères belge par une entreprise contrôlée par des intérêts chinois en raison de risques pour la sécurité nationale. La décision montre que le filtrage ne sert pas seulement à cartographier les investissements étrangers, mais peut également être utilisé efficacement lorsque des intérêts stratégiques ou des risques de sécurité sont en jeu. La troisième année de filtrage confirme ainsi que le mécanisme de filtrage belge continue de se développer. La forte augmentation du nombre de dossiers montre surtout que le filtrage est devenu une composante structurelle de la politique d’investissement belge. À cet égard, une application équilibrée reste essentielle : protéger les intérêts stratégiques sans compromettre inutilement l’attractivité et la prévisibilité de la Belgique en tant que destination d’investissement.
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