À l’occasion du 50e anniversaire des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, la FEB a accueilli dans ses locaux un événement organisé par le SPF Économie. Cette rencontre a réuni représentants des pouvoirs publics, entreprises et parties prenantes pour échanger sur l’évolution de la conduite responsable des entreprises et les défis liés à sa mise en œuvre.
Cinquante ans après leur adoption, les Principes directeurs de l’OCDE demeurent une importante référence internationale en matière de conduite responsable des entreprises. Ils ont largement contribué à faire progresser les pratiques des entreprises dans des domaines tels que les droits humains, l’environnement, les conditions de travail ou encore la transparence. Les entreprises belges, pionnières en la matière, ont d’ailleurs renforcé leurs démarches de due diligence ces dernières années, en améliorant leur gestion des risques et le suivi de leurs chaînes de valeur.
Des défis croissants dans un environnement complexe
Les discussions ont toutefois mis en lumière les difficultés auxquelles les entreprises sont confrontées. Les chaînes d’approvisionnement sont aujourd’hui mondiales, complexes et souvent peu transparentes au-delà des fournisseurs directs. L’accès à des informations fiables reste difficile dans certaines régions du monde, tandis que l’application locale des règles n’est pas toujours garantie. Les entreprises doivent également composer avec un cadre réglementaire en constante évolution, source d’incertitude juridique, ainsi qu’avec une charge administrative importante.
La question de la proportionnalité a également occupé une place centrale dans les échanges. Même de grandes entreprises ne disposent pas toujours du levier nécessaire pour influencer certains acteurs majeurs de leurs chaînes de valeur. Pour les PME, les contraintes sont encore plus importantes en raison de ressources plus limitées.
Une approche pragmatique et un level playing field mondial
Dans ce contexte, la FEB a rappelé la nécessité d’une approche pragmatique, centrée sur l’impact réel plutôt que sur une logique purement bureaucratique. Les entreprises ont besoin d’un cadre clair, cohérent et opérationnel, ainsi que d’outils concrets leur permettant de traduire les exigences de diligence raisonnable en actions efficaces.
Alors que les entreprises européennes sont soumises à des exigences particulièrement élevées, de nombreuses économies appliquent encore des règles moins contraignantes.
Un autre message fort de l’événement concerne l’importance d’un véritable « level playing field » mondial. Alors que les entreprises européennes sont soumises à des exigences particulièrement élevées, de nombreuses économies appliquent encore des règles moins contraignantes. Pour la FEB, la prise en compte de ce déséquilibre est essentielle afin de préserver la compétitivité des entreprises européennes tout en poursuivant les objectifs de responsabilité.
Les Principes directeurs de l’OCDE constituent un cadre pertinent pour accompagner les entreprises dans les transitions en cours. Leur succès repose toutefois sur une mise en œuvre réaliste, proportionnée et soutenue par un dialogue entre entreprises, autorités publiques et parties prenantes.
Lire plus d'articles sur:
