Opinion

Pour un Plan global bis : le courage de réformer

Cher Premier ministre, chers vice-Premiers ministres,

Face à l’impasse politique actuelle et à la dégradation de nos finances publiques, la Belgique a plus que jamais besoin de courage et de détermination. Il est temps de dépasser les blocages et de faire les choix nécessaires pour redresser durablement nos finances publiques, renforcer notre compétitivité et renouer avec la croissance.

Le Plan de croissance de la FEB propose des pistes concrètes pour relever ces défis.

Élaborez dès aujourd’hui un Plan global bis, en :

  1. 1. Commençant par examiner les dépenses publiques. Une augmentation de l’emploi public de 40 %, contre 20 % dans le secteur privé, est intenable.
  2. 2. En procédant à une simplification administrative drastique. Cela ne coûte presque rien aux pouvoirs publics, mais donne énormément d’oxygène aux entreprises belges.
  3. 3. Assainissant les soins de santé. Le premier poste du budget augmente de plus de 5 % par an. Avec un ticket modérateur de respectivement 1 et 4 euros pour une consultation médicale, il est clair que rien ne freine la consommation de soins de santé, bien au contraire.
  4. 4. Préservant et renforçant notre capacité d’innovation. Notre écosystème de recherche et développement constitue l’un des principaux atouts de notre économie. Il est essentiel de continuer à le soutenir et à le renforcer, notamment à travers les incitants fiscaux à la R&D. Cela n’empêche évidemment pas de corriger les éventuels abus et utilisations détournées.
  5. 5. Garantissant une fiscalité équitable entre les acteurs économiques. Il est difficilement justifiable que les mutualités ne paient pas d’impôts sur leurs activités commerciales, alors que les mêmes activités sont imposées dans le secteur privé. Il en va de même pour la taxe patrimoniale.

La fuite en avant fiscale n’est pas une solution

En matière d’impôts supplémentaires, la créativité est sans limites. Les syndicats ont même présenté un plan prévoyant 21 milliards d’euros d’impôts supplémentaires. Ils oublient opportunément que cela ferait passer la croissance économique sous la barre de zéro.

Non. Les impôts ne sont pas la solution pour :

  • Convaincre les marchés financiers ;
  • Stimuler l’économie ;
  • Promouvoir les exportations ;
  • Sortir le budget de l’impasse.

Pour rappel : les dépenses primaires (hors charges d’intérêts) représentaient 42 % du PIB en 2000, contre 52 % aujourd’hui. Les recettes représentaient 49 % du PIB en 2000, et toujours 49 % aujourd’hui.

Face à ce constat, la réponse doit être celle du courage politique, et non de la facilité fiscale. L’histoire nous montre d’ailleurs que ce courage peut être récompensé. Après le Plan global, le Premier ministre Dehaene a remporté les élections de 1995. Agir avec détermination aujourd’hui, c’est donc remettre le pays sur la bonne voie en vue des élections de 2029.

À l’inverse, provoquer une crise politique aujourd’hui reviendrait à précipiter le pays vers le chaos financier à l’approche de 2029.

Et les entrepreneurs, dans tout cela ?

Les entrepreneurs, eux, ne demandent qu’à entreprendre, créer des emplois et générer des revenus pour leurs collaborateurs. Ils répondront présents, à condition que vous ne les mettiez pas aujourd’hui dans une situation d’asphyxie.

Préserver la compétitivité de nos entreprises exige également un effort collectif. Nous aussi, partenaires sociaux, avons notre part de responsabilité. Il est indispensable de réformer le cadre des négociations salariales afin que la compétitivité de nos entreprises et le pouvoir d’achat évoluent en phase avec nos principaux partenaires commerciaux.

Cela exige de parvenir à un accord sur une réforme de la loi sur la norme salariale et de l’indexation. Un chantier difficile, mais nécessaire, qui demandera du courage et de la détermination de toutes les parties.

Le redressement de notre pays exige un même engagement : celui de faire preuve de courage et de détermination pour mener les réformes nécessaires

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