Actualités 13 février 2026

Alden Biesen a entendu le cri d’alarme des entrepreneurs : focus et rapidité

Le message du monde des entreprises est bien arrivé au sommet européen d’Alden Biesen. Après des mois d’avertissements concernant la détérioration de la compétitivité de l’Europe, un sentiment d’urgence partagé s’est enfin installé parmi les dirigeants européens. Les signaux envoyés après ce sommet montrent que tout le monde a compris la gravité de la situation. À court terme, les chefs d’État et de gouvernement européens misent sur trois priorités essentielles : la réduction drastique des charges administratives, la baisse des coûts de l’énergie pour les entreprises et l’exploitation des atouts européens sans tomber dans le protectionnisme.

La compétitivité internationale sous pression

Depuis des années, la FEB et ses secteurs alertent les autorités belges et européennes sur le fait que l’Europe perd du terrain face notamment aux États-Unis ou à la Chine. Et ce, en termes de croissance, d’investissement, d’innovation ou de parts de marché à l’international.

La compétitivité internationale de nos entreprises est fortement mise sous pression. Ceci, en raison notamment des coûts de l’énergie plus élevés qu’aux États-Unis, du cadre réglementaire plus contraignant et assorti de lourdeurs administratives, ou de politiques industrielles et commerciales agressives – voire déloyales – de la part de nos principaux partenaires commerciaux.

Certes, la Commission von der Leyen II a annoncé l’an dernier vouloir réorienter les priorités, en accordant plus d’attention au renforcement de la compétitivité et à la réduction des charges administratives liées aux législations européennes. Nous nous en sommes réjouis.

Mais le tempo de mise en œuvre est beaucoup trop lent et les résultats tardent à se faire sentir sur le terrain. L’UE doit donc d’urgence « passer de la parole aux actes ».

Le temps des analyses est révolu, puisqu’il y a presque deux ans déjà, les rapports Letta (sur les obstacles au sein du marché intérieur) et Draghi (pistes pour renforcer la compétitivité) ont clairement indiqué la voie à suivre. Leur mise en œuvre effective est trop lente, par manque de consensus et de volonté politique dans le chef des États membres et des institutions de l’UE.

Notre Premier ministre Bart De Wever l’a bien compris. Il s’est ainsi attelé ces derniers mois à fédérer une coalition des « Amis de la compétitivité », réunissant notamment ses homologues du Benelux ainsi que de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche et de l’Italie. De son côté, la FEB a fait de même et a mobilisé ses fédérations sœurs issues de ces six pays, afin de parler d’une seule voix envers nos autorités et au sein de notre coupole BusinessEurope.

Priorités de la FEB : focus et rapidité

Ces derniers mois et semaines, la FEB a effectué un travail considérable en coulisses pour faire entendre haut et fort la voix de nos entreprises à l’approche du 3e Sommet de l’industrie à Anvers (11 février) et du sommet européen informel d’Alden Biesen (12 février). Ce fut une période de travail de fond substantiel, mais surtout de mobilisation maximale avec un objectif en vue : veiller à ce que la Belgique et l’Europe fassent les bons choix à un moment crucial. En d’autres termes : « Focus et rapidité ». Et nous y avons sensibilisé tant notre Premier ministre que les autorités européennes, à commencer par la présidente de la Commission européenne et son équipe.

Cet engagement se traduit également par un agenda cohérent pour la compétitivité. Une feuille de route que nous avons concrétisée ensemble, avec nos fédérations sœurs, au sein de la coupole européenne BusinessEurope, puis transmise à la présidente von der Leyen sous la forme du document « From Ambition to Delivery ». Celui-ci contient des propositions concrètes visant à obtenir des résultats le plus rapidement possible dans six domaines clés :

1. Approfondir le marché intérieur (lever les obstacles à la libre circulation des biens, des travailleurs et des offres de services) ;

2. Alléger la pression réglementaire par le biais des processus de simplification « Omnibus » (dont un « stop the clock » de deux ans afin d’évaluer et de simplifier drastiquement la directive « Pay Transparancy ») ;

3. Baisser les prix de l’énergie et rendre la décarbonation attractive pour les entreprises ;

4. Limiter les risques géopolitiques en diversifiant les flux d’importation et d’exportation (avec un renforcement des contrôles de qualité pour les biens provenant de pays hors UE, et des mesures antidumping adaptées) ;

5. Stimuler les investissements (via e.a. le projet d’union des marchés des capitaux, aujourd’hui appelé « Savings & Investments Union ») et l’innovation afin de retrouver un leadership technologique ;

6. Promouvoir l’emploi et les compétences (sans créer de nouvelles obligations disproportionnées pour les employeurs).

Alden Biesen a compris l’appel à l’aide des entrepreneurs

Le Sommet de l’industrie et la retraite des dirigeants à Alden Biesen ont constitué un test de résistance redoutable pour la pertinence, l’agilité et la pérennité de l’Europe en tant qu’acteur mondial (Opinion FEB : « L’Europe optera-t-elle pour la scène principale ou les coulisses ? »).

Le 3e Industry Summit de ce mercredi à Anvers a clairement indiqué la direction à suivre, notamment par la voix de notre Premier ministre et des 600 capitaines et représentants d’entreprise présents, dont la FEB et BusinessEurope.

Tous les yeux se sont alors tournés vers la commanderie d’Alden Biesen, où les 27 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que les présidents du Conseil (A. Costa) et de la Commission européenne (U. von der Leyen) se sont réunis pour une réflexion stratégique sur la compétitivité en Europe. Que retenir de cette retraite d’hier ?

Le sommet européen informel d’Alden Biesen marque selon nous un tournant important. Le message fondamental du monde des entreprises semble y avoir été entendu. Après des mois d’avertissements sur la détérioration de la compétitivité de l’Europe, les dirigeants européens partagent enfin le « sense of urgency ». Les signaux que nous recevons après ce sommet montrent que tout le monde semble avoir compris la gravité de la situation, et ceci doit être souligné.

Mais l’adage dit : « The proof of the pudding is in the eating! ». Nous serons vigilants à ce que les annonces faites à Alden Biesen soient rapidement traduites en décisions concrètes produisant des résultats tangibles pour nos entreprises. Fini donc le temps des analyses, place à l’action !

Nous espérons que les priorités définies hier à Alden Biesen seront rapidement traduites en mesures concrètes, afin que nos entreprises puissent en sentir les effets dès 2026 et 2027. La FEB est prête à y contribuer en apportant son expertise et ses conseils. Nous avons plaidé pour des actions ciblées (focus) et de la rapidité. Ce que nous entendons aujourd’hui nous donne confiance dans le fait qu’un tournant a été pris au niveau européen.

~ Pieter Timmermans, CEO de la FEB

Des chantiers prioritaires

La FEB se réjouit des priorités qui ont été retenues. À court terme, les 27 chefs d’État et de gouvernement européens demandent à la Commission européenne de se concentrer sur trois axes essentiels :

> une réduction drastique des charges administratives liées à divers textes européens, et la lutte contre les pratiques nationales de « gold-plating »

> la baisse des coûts de l’énergie pour les entreprises

> la défense des intérêts et atouts européens (face notamment à la concurrence déloyale en provenance de Chine), mais sans tomber dans le protectionnisme, et la poursuite de la diversification de nos échanges commerciaux.

Les discussions ont également porté sur l’indispensable mobilisation du capital privé, au travers de réels progrès dans la mise en place d’une « Savings & Investments Union » et d’autres intégrations sectorielles plus poussées au sein du marché intérieur européen.

Next steps

La Commission européenne a été chargée, d’ici au Conseil européen formel de mars, de traduire ces demandes et intentions dans une feuille de route « One Europe, One Market Roadmap » contenant des indicateurs de performance (KPI) et des mesures concrètes. L’objectif étant que celle-ci produise des effets rapides et tangibles en 2026 et 2027.

Sa mise en œuvre devrait idéalement se réaliser à l’échelle des 27 États membres. Mais si cela s’avère trop compliqué, des coalitions d’États membres volontaristes pourraient aller de l’avant, via le mécanisme des « coopérations renforcées », réunissant au minimum neuf États membres. À ce propos, notre Premier ministre a déjà insisté à plusieurs reprises sur le rôle potentiel du Benelux.

Au Sommet européen de l’industrie à Anvers, la compétitivité a été placée en tête de l’agenda européen.

Pieter Timmermans en discussion avec Friedrich Merz, chancelier allemand, lors du Sommet de l’industrie à Anvers.

Les chefs d’État et de gouvernement ont donné mission à la Commission européenne de travailler sur un agenda et des pistes concrètes pour renforcer la compétitivité des entreprises.

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A propos des auteurs
Olivier Joris
Centre de compétence Europe & International
Torre Van de Walle
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