Actualités • 18 février 2025

Les pays démocratiques vulnérables dériveront-ils vers l’illibéralisme ?

La nouvelle édition du Focus International Trade de la FEB est en ligne. Le monde dans lequel opèrent les entreprises est de plus en plus complexe. Telle est la nouvelle réalité, certainement depuis l’élection du nouveau président américain. Comment les experts des États-Unis évaluent-ils les conséquences potentielles de la politique de Trump ? Ci-dessous, un avant-goût…

Une politique Trump 2.0 de baisses d’impôt au niveau national et de dérégulation peut être favorable pour les multinationales et entreprises américaines. Mais sa politique commerciale protectionniste et les tensions avec l’Union européenne pourraient être très problématiques pour les entreprises belges. En effet, l’économie belge est intimement liée à celle des États-Unis.

Dans l’intervalle entre l’élection et l’investiture, nous avons interrogé quatre experts des États-Unis sur les conséquences potentielles de la réélection de Trump. Dans le contexte américain, belge, européen et géopolitique.

« Il est important de rappeler que la relation entre les USA et la Belgique a non seulement toujours résisté à l’épreuve du temps, mais est aussi incroyablement équilibrée sur le plan commercial », affirme Stéphanie Rutten, CEO d’AmCham Belgium.« La Belgique est la 14e source d’investissements directs étrangers (IDE) aux États-Unis. Et la Belgique enregistre aujourd’hui 62 milliards de dollars d’IDE américains. Ces chiffres confirment l’engagement à long terme des entreprises tant américaines que belges ».

Luisa Santos, Deputy Director General de BusinessEurope, n’y va pas par quatre chemins : « Les intérêts économiques de l’UE doivent être préservés. La collaboration ne doit pas nous être imposée, mais elle doit être le fruit d’un effort commun, dans le cadre duquel chaque partie assume ses responsabilités à l’égard des résultats. Par ailleurs, nous devons respecter les règles multilatérales et impliquer les entreprises dans le processus. »

Patrick Herman, directeur des relations bilatérales avec l’Amérique et les Caraïbes pour le SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, se projette dans l’avenir et affirme sans détour : « Un tournant clair vers plus de protectionnisme aux USA ralentirait encore la croissance et l’emploi dans l’UE et dans le reste du monde, y compris aux USA. Ce qui, à son tour, provoquerait plus d’incertitude et d’instabilité et, en fin de compte, ferait naître le risque que les pays démocratiques plus touchés ou vulnérables des cinq continents dérivent vers l’illibéralisme ».

Le succès du dialogue transatlantique dépend de l’unité des États membres de l’UE et de leur approche commune à l’égard des USA.

Héloïse de Villenfagne, lauréate du « FEB NextGen Leadership Award – 2024 », se demande enfin si Trump sera en mesure de tenir ses promesses. « Pourra-t-il insuffler un nouvel élan à l’économie américaine, contrôler strictement les frontières, réduire les formalités administratives et placer les priorités américaines tout en haut de l’ordre du jour ? Ses chances de réussite dépendent de sa capacité à trouver un équilibre entre le protectionnisme et la croissance, tout en maintenant des relations commerciales stables avec ses partenaires internationaux. »

En résumé, le succès du dialogue transatlantique dépend de l’unité des États membres de l’UE et de leur approche commune à l’égard des USA. Autrement dit, nous devons agir en tant que Team Europe, tout en tenant compte de la nécessité d’une diversification. Les points de vue plus détaillés des quatre experts des États-Unis peuvent être consultés dans la dernière édition de notre Focus International Trade.

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Torre Van de Walle
Centre de compétence Europe & International