Actualités • 12 juin 2025

Rapport pays 2025 de la Commission : la Belgique face à ses défis

La Commission européenne a publié son rapport pays sur la Belgique, dans lequel elle rappelle les principaux défis et enjeux auxquels est confronté notre pays. Ce premier volet de notre analyse met le focus sur les finances publiques et sur le marché du travail. 

Des finances publiques sous pression

Avec un déficit projeté à 5,5 % du PIB en 2025 et 5,4 % en 2026, la soutenabilité des finances publiques demeure l’un des principaux défis de l’État belge. La dette publique, qui a atteint 104,7 % du PIB en 2024, est, à politique inchangée, appelée à grimper à 126,4 % d’ici 2035. Malgré la réelle volonté de réformer affichée par le gouvernement, l’ampleur des ajustements nécessaires, combinée à la lenteur de leur mise en œuvre, limite l’impact positif à court terme. Dans ce contexte, la Belgique reste sous la surveillance étroite de la Commission européenne et doit respecter une trajectoire contraignante de dépenses nettes, destinée à ramener le déficit sous la barre des 3 % d’ici 2029.

Ce déficit élevé s’explique d’abord par le vieillissement de la population, qui pèse durablement sur les finances publiques. Les pensions jouent un rôle central dans ce déséquilibre : le nombre de cotisants recule tandis que celui des bénéficiaires continue d’augmenter, créant une pression structurelle importante sur la sécurité sociale. Parallèlement, les dépenses de santé progressent également de manière constante. Ainsi, les coûts liés au vieillissement devraient passer d’environ 27 % du PIB en 2024 à 32 % en 2070. À ces tendances structurelles s’ajoutent des facteurs conjoncturels, avec la succession des crises récentes : la pandémie de COVID-19, l’inflation provoquée par la crise ukrainienne et la hausse des dépenses de défense, qui alourdissent la charge budgétaire. Sans réformes rapides et efficaces, cette dynamique risque de plonger le pays dans une spirale budgétaire insoutenable, menaçant la stabilité de notre économie.

Un marché du travail toujours en quête de dynamisme

Les filières STEM sont de plus en plus importantes dans un monde en transition et doivent être encouragées.

Malgré une hausse continue, le taux d’emploi reste faible en Belgique (72,3%) et bien en deçà de la moyenne européenne (75,8%). Le marché du travail fait face à de nombreux défis structurels et l’objectif des 80% de taux d’emploi est encore loin. Les freins au travail, le manque d’efficacité des mesures d’activation, le manque de mobilité, l’inadéquation des compétences et les pénuries de main-d’œuvre sont autant d’éléments qui pèsent sur la performance de notre marché du travail et sur la faible participation. Cela passe notamment par une baisse des charges sur les revenus du travail et par une réforme des prestations sociales (via notamment un plafonnement des prestations sociales liées au statut d’inactivité). Ceci, afin de renforcer les incitations à travailler. La Commission accueille déjà favorablement les mesures du gouvernement qui visent à encourager le travail. L’impact des mesures devra encore faire l’objet d’un suivi dans les prochaines années.

Les filières STEM sont de plus en plus importantes dans un monde en transition et doivent être encouragées au sein de la population, et particulièrement au sein des filles. Renforcer l’apprentissage tout au long de la vie, en particulier au sein des peu qualifiés, est également essentiel pour maintenir la compétitivité.

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A propos des auteurs
Alice Defauw
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
Julien Duez
Centre de compétence Économie & Conjoncture