Actualités • 24 juin 2026

Transition énergétique : la Commission européenne passe en revue les progrès de la Belgique

Comme chaque année, la Belgique a reçu un rapport de la Commission européenne, assorti d’un certain nombre de « Country Specific Recommendations » ou « recommandations par pays ». La transition énergétique et les efforts de décarbonation figurent parmi les thèmes centraux.

La Commission européenne publie chaque année des recommandations spécifiques par pays, complétées par des rapports par pays qui analysent les principaux défis économiques et structurels propres à chaque État membre. Le rapport pour la Belgique contient une série de messages clés concernant les progrès de notre pays en matière de transition énergétique, mais met également en évidence certains points d’achoppement. En voici quelques-uns.

Dépendance aux importations (fossiles)

La dépendance persistante aux combustibles fossiles reste un point névralgique. Malgré une augmentation de la production d’électricité bas carbone, la Belgique demeure fortement tributaire des importations d’énergie fossile. Les combustibles fossiles représentent encore 67,1 % du mix énergétique et assurent environ un tiers de la production d’électricité. La Commission considère cette dépendance comme une vulnérabilité structurelle.

L’efficacité énergétique comme moteur de réduction des émissions

Le rapport souligne par ailleurs l’évolution positive dans l’industrie manufacturière. La Belgique compte en son sein d’importantes industries à forte intensité énergétique. Les émissions liées à l’énergie dans l’industrie ont diminué au cours des dernières années. Selon le rapport, cette baisse s’explique principalement par des gains d’efficacité énergétique plutôt que par une transition structurelle vers l’électrification ou d’autres sources d’énergie à faible teneur en carbone.

Une électricité toujours (trop) coûteuse

Dans le même temps, le rapport constate que la poursuite de la décarbonation de l’industrie est entravée par les prix élevés de l’électricité dans notre pays. Le rapport entre les prix de l’électricité et du gaz reste élevé (avec un ratio de 3,9 en 2025). Ce ratio fait qu’à l’heure actuelle, les alternatives électrifiées au gaz naturel ne sont pas encore rentables sur le plan financier. Dans la mesure où l’électrification apparaît comme la solution technologique la plus évidente pour de nombreuses activités économiques, elle représente un levier clé pour progresser dans la décarbonation de notre économie. 

Réseaux, réseaux, réseaux

Selon la Commission, le principal défi se situe au niveau du réseau électrique. Si divers projets d’infrastructure sont planifiés en vue de renforcer le réseau et d’améliorer l’interconnectivité, leur déploiement reste pour l’instant trop lent. Les extensions du réseau se heurtent à des difficultés liées aux autorisations et à une hausse des coûts. Cela se répercute directement sur la rapidité de développement de nouvelles infrastructures énergétiques.

Une capacité de réseau insuffisante freine le déploiement des énergies renouvelables et constitue un obstacle majeur à la poursuite de la transition.

Le rapport indique explicitement qu’une capacité de réseau insuffisante freine le déploiement des énergies renouvelables et constitue de ce fait un obstacle majeur à la poursuite de la transition. Selon la Commission, cela explique en partie pourquoi la Belgique, dont la part d’énergie renouvelable dans sa consommation finale s’élève à 14,3 %, est le plus mauvais élève parmi les États membres de l’UE dans ce domaine. 

Il y a donc encore du pain sur la planche !

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Maarten Van Eeckhoute
Centre de compétence Énergie, Climat & Mobilité