La Cour des comptes européenne a conclu la semaine dernière dans un rapport que REPowerEU, le plan censé rendre l’Europe indépendante sur le plan énergétique, n’est pas réalisable dans les conditions actuelles. Le sous-investissement dans l’énergie bas carbone en constitue une des raisons.
L’étude récente de la Cour des comptes européenne met en lumière une triste réalité : en Europe, les investissements actuels sont insuffisants pour atteindre les objectifs de REPowerEU. Ce plan a été élaboré à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec l’objectif principal suivant : produire plus d’énergie propre en Europe, afin de réduire ainsi la dépendance énergétique européenne.
Sur les 300 milliards EUR d’investissements estimés nécessaires par la Commission européenne, moins d’un cinquième a été utilisé jusqu’à présent. Ce montant a pourtant été mis à disposition par le biais du fonds de relance post-COVID, créé en 2020 pour soutenir les États membres de l’UE dans leur reprise après la crise sanitaire, et ainsi verdir et digitaliser leur économie. La Cour des comptes européenne a analysé les plans nationaux en matière d’énergie et de climat (dans lesquels les États membres doivent démontrer leur contribution à REPowerEU). Elle doit malheureusement en conclure que la plupart des pays n’ont pris aucune mesure concrète.
Absence de politiques d’accompagnement
La position de la FEB reste inchangée : des objectifs ambitieux doivent s’accompagner de politiques d’accompagnement correspondantes. En effet, sans les conditions cadres nécessaires permettant à notre industrie de participer à la transition, la mise en œuvre risque de ne pas être à la hauteur des ambitions politiques. Depuis longtemps, les entreprises soulignent que la transition énergétique, c’est plus que de simples obligations supplémentaires.
Si les autorités attendent des entreprises qu’elles respectent leurs engagements climatiques, elles doivent elles-mêmes créer un environnement dans lequel l’investissement dans la réduction des émissions devient économiquement attractif. Concrètement, cela implique notamment qu’il faut disposer d’une infrastructure suffisante en électricité, en hydrogène et en CO2-, ainsi que d’un accès suffisant à une énergie bas carbone à des prix compétitifs.
Les entreprises sont prêtes à assumer leur rôle dans la décarbonation de l’économie. Elles investissent déjà massivement dans l’efficacité énergétique, l’électrification, les processus circulaires et les technologies propres innovantes. Mais la transition ne peut pas reposer exclusivement sur les épaules des entreprises.
Besoin d’un climat d’investissement attractif
Le succès de la transition ne dépend d’ailleurs pas uniquement d’objectifs d’émissions ou d’une réglementation supplémentaire, mais surtout de la capacité de l’Europe à créer un climat d’investissement attractif pour les technologies propres.
Le succès de la transition énergétique ne dépend pas uniquement d’objectifs d’émissions ou de règles supplémentaires.
Le message est simple, mais fondamental : si l’Europe veut concrétiser ses ambitions climatiques, davantage de mesures concrètes doivent être prises pour pouvoir atteindre ces objectifs de manière faisable et rentable. Les entreprises doivent consentir des efforts, les autorités également. Comme pour danser le tango, il faut être deux, sans quoi la transition énergétique ne sera pas couronnée de succès.
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