Les coûts énergétiques élevés pèsent sur la rentabilité, freinent les investissements et minent notre compétitivité. C’est pourquoi la FEB demande, dans son plan de croissance, de faire de la compétitivité des prix de l’énergie, de la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles et des investissements dans les infrastructures énergétiques une priorité. L’introduction de la norme énergétique est une première étape importante en ce sens.
Les prix élevés du pétrole et du gaz constituent à nouveau un lourd handicap concurrentiel pour les entreprises européennes. Le marché du gaz, en particulier, pose problème à l’Europe : le gaz naturel n’a pas de prix mondial comme le pétrole, mais des prix régionaux. Les entreprises européennes paient aujourd’hui nettement plus cher que leurs concurrents des États-Unis ou d’Asie. Fin février, juste avant l’attaque militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, le prix européen du gaz était encore d’environ 32 EUR/MWh. Depuis lors, il a bondi à 75 EUR/MWh, le niveau le plus élevé depuis début 2023, alors que les stocks européens de gaz sont à un niveau historiquement bas. De plus, les experts en énergie mettent en garde contre un hiver difficile.
L’introduction de la norme énergétique est une étape importante, mais le travail n’est pas terminé pour autant.
Plus près de chez nous aussi, la Belgique est confrontée à un handicap énergétique. Pour les entreprises électro-intensives, la facture d’électricité est souvent plus élevée que dans les pays voisins comme l’Allemagne et la France. Les entreprises belges ont donc plus de difficultés à rester compétitives et le risque que la Belgique passe à côté de certains investissements augmente. C’est pourquoi la FEB (avec ses fédérations membres) plaide depuis des années pour une norme énergétique efficace qui garantit que les entreprises belges ne paient pas structurellement plus cher l’électricité que leurs concurrents dans les pays voisins. Une réduction des tarifs de réseau de transport pour les utilisateurs industriels constitue, selon la FEB, un élément essentiel de cette norme pour réduire le retard compétitif de la Belgique par rapport à ses pays voisins.
Après des années de discussions, cette norme énergétique prend enfin une forme concrète. À partir du 1er novembre, les gros consommateurs d’électricité bénéficieront d’une réduction sur leurs tarifs de réseau de transport. Afin d’éviter qu’une réduction pour un consommateur ne soit compensée par une hausse tarifaire pour ceux qui ne sont pas éligibles à la réduction, les excédents accumulés ces dernières années au sein du système tarifaire régulé d’Elia seront utilisés. Par ailleurs, une réduction générale des accises sera introduite. Celle-ci devrait également entrer en vigueur le 1er novembre.
Il subsiste encore une incertitude concernant le soutien via le cadre européen d’aides d’État CISAF. Après que le Conseil d’État a jugé qu’il s’agissait d’une compétence régionale, on ne sait toujours pas comment les budgets fédéraux prévus peuvent être transférés aux régions.
L’introduction de la norme énergétique est une étape importante, mais le travail n’est pas terminé pour autant. La norme énergétique offre un soulagement à un groupe limité d’entreprises, mais ne résout pas tous les défis de la facture énergétique belge. Nous ne devons pas non plus perdre de vue les entreprises qui ne sont pas éligibles à la réduction tarifaire. Un autre défi majeur consiste à combiner les investissements dans le développement du réseau avec une utilisation flexible du réseau et une gestion efficace des demandes de raccordement. C’est indispensable si l’on veut maintenir le coût total du système aussi bas que possible dans une société qui s’électrifie de plus en plus.
Il s’agit maintenant de continuer à développer une politique énergétique qui attire les investissements, soutient l’électrification et réduit la dépendance aux combustibles fossiles importés. En renforçant aujourd’hui l’accès à une électricité à prix compétitif, la Belgique pose les bases de la croissance économique de demain.
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