Le lundi 2 décembre 2024 s’est tenu à Bruxelles le forum de grande envergure « innover ou stagner ? », organisé par la FEB. Cet événement a rassemblé plus de 600 experts issus du monde des entreprises, de la sphère politique et du monde académique pour débattre de l’avenir de l’innovation et de l’internationalisation en Belgique. Lors de la session de clôture, René Branders et Pieter Timmermans, respectivement président et CEO de la Fédération des entreprises de Belgique, ont demandé au futur gouvernement de poursuivre les investissements dans l’innovation et la recherche et le développement (R&D). Et ce, notamment par le biais d’un cadre fiscal favorable, d’une approche améliorée et coordonnée entre les parties prenantes et de la promotion d’un enseignement orienté vers les filières STIM. Par ailleurs, nous devons plus que jamais commercialiser nos innovations à l’international. Dans cette perspective, nous avons besoin d’accords commerciaux et d’une diplomatie économique forte, et nous devons éviter à tout prix le gold-plating en Belgique.
13 milliards
Il ressort des débats que les entreprises belges tournées vers l’innovation se portent très bien. Qui plus est, elles figurent parmi le peloton de tête européen et mondial en matière d’investissements dans la recherche et le développement. En 2021, en Belgique, 3,4%[1] du PIB ont été investis dans la R&D, dont près de 13 milliards injectés par les entreprises dans ce domaine. En 2011, ce montant s’élevait encore à 5,6 milliards d’euros à peine.
Ces belles performances se traduisent de plus en plus par des résultats concrets. Le rythme pourrait cependant encore être accéléré. Développer la propriété intellectuelle, c’est bien, la commercialiser, c’est mieux. À l’avenir, la collaboration des entreprises (de toutes tailles) avec des universitaires, les centres de recherche sectoriels et publics, et les écosystèmes régionaux jouera un rôle crucial à cet égard.
Enfin, il s’agit de commercialiser, d’exporter et d’exploiter au maximum l’ensemble de ces connaissances et de cette expertise à l’échelle internationale. Le tout encouragé et facilité par des accords commerciaux internationaux. Ces derniers permettent à notre pays de mener une politique commerciale ambitieuse et moderne, et à nos entreprises de bénéficier d’un meilleur accès aux marchés internationaux. Une diplomatie économique forte constitue également un atout. Enfin, le gold-plating va à l’encontre du but recherché.
L’innovation : le carburant de l’économie et un atout mondial
L’importance de la recherche et du développement (R&D) est donc difficile à sous-estimer. Grâce à des processus innovants, les entreprises peuvent gagner en productivité. Des produits ou services novateurs leur permettront quant à eux de conquérir des parts de marché ou d’exploiter de nouveaux segments de marché. En outre, les innovations qui en résultent sont essentielles pour notre économie et notre société dans son ensemble. Elles apporteront en effet des solutions aux défis sociétaux d’aujourd’hui et de demain.
Les innovations et écosystèmes qui découlent des investissements garantissent la création de nouveaux emplois et sont source de prospérité. Ce type de création de valeur gagne également en importance pour le financement des transitions verte, numérique et démographique.
Grâce à des innovations débouchant sur de nouveaux produits et processus plus durables, nos entreprises sont par exemple souvent nettement plus respectueuses du climat que les industries du reste du monde. Il s’agit d’un argument clé de vente (USP) qui devrait garantir notre dynamisme à (moyen et) long terme. Freiner cette capacité d’innovation reviendrait à évincer notre industrie du marché (international). Il faut choisir entre innover et stagner. Un choix qui n’en est pas un si nous voulons assurer la prospérité de tous dans notre pays.
Un besoin d’investissement et d’un cadre fiscal favorable
Lors de la session de clôture, le président de la FEB a souligné qu’en dépit des nombreux avantages que présentent les investissements dans la R&D et l’innovation, le cadre soutenant cette tendance positive est soumis à de fortes pressions.
Ces dix dernières années, la Belgique a commercialisé son économie de la connaissance avec succès. Nous en récoltons aujourd’hui les fruits. Mais conserver sa place en tête de peloton demande des efforts. Et c’est justement là que le bât blesse. La remise en question de certains incitants et la fixation d’éventuels seuils vont à l’encontre des besoins de la R&D belge. Outre le fait que nous devons passer à la vitesse supérieure, la stabilité et un environnement commercial juridiquement sûr constituent deux des facteurs les plus importants pour les entreprises lorsqu’elles investissent dans un pays.
Notre pays ne possède pas de matières premières essentielles, mais il dispose d’excellents chercheurs et d’entrepreneurs créatifs. Nous demandons donc instamment au futur gouvernement de faire preuve d’ambition et de viser une injection de 4% du PIB dans les investissements en R&D. Afin d’inscrire cette ambition dans la réalité, nous devons maintenir dans son intégralité l’actuel cadre fiscal favorable à la R&D, qui comprend notamment les exonérations du versement du précompte professionnel pour les chercheurs. Il importe également de renforcer et de mieux coordonner l’approche (intra)fédérale en matière de R&D. Sil’on veut prolonger cette ambition à long terme, il faut aussi pouvoir offrir un enseignement de haute qualité qui réponde aux besoins du marché du travail.
[1] Répartition des investissements : le secteur des entreprises a investi 2,56% du PIB, les 0,87% restants proviennent des pouvoirs publics, des universités et hautes écoles, des centres de recherche institutionnels, etc.
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