Actualités • 09 juillet 2025

113e Conférence internationale du travail - Emploi, droits et croissance

La 113e Conférence internationale du travail, la réunion annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève, est terminée. Au cours des deux semaines de débats au « parlement mondial du travail », les employeurs ont souligné que le rétablissement du lien entre la croissance, les droits et l’emploi requiert des politiques permettant aux entreprises d’investir et de créer des emplois à grande échelle.

Environ 5400 représentants de gouvernements, d’employeurs et de syndicats des 187 États membres ont pris part à la 113e Conférence internationale du travail. Celle-ci s’est déroulée dans un contexte d’incertitude économique mondiale, de tensions géopolitiques persistantes et de défis croissants pour le multilatéralisme. Le rapport du directeur général a également abordé d’autres perturbations majeures auxquelles l’économie mondiale est confrontée : changements technologiques, défis climatiques, changements démographiques, réorganisations commerciales et une confiance institutionnelle affaiblie.

Le rôle de l’OIT doit continuer à reposer sur des solutions empiriques fondées sur des preuves et axées sur les entreprises.

Les employeurs ont souligné que le rétablissement du lien entre la croissance, les droits et l’emploi requiert des politiques permettant aux entreprises d’investir et de créer des emplois à grande échelle. Le rôle de l’OIT doit continuer à reposer sur des solutions empiriques fondées sur des preuves et axées sur les entreprises. Avec son intervention1, le chef de la délégation de la FEB, Kris De Meester, n’a pas mâché ses mots : “It is mind-blowing to learn that countries ratify conventions and recommendations without adapting one single word in their regulatory framework or policies, let alone achieving any improvement in practice.”

Pour la FEB, en tant que représentante du monde des entreprises en Belgique, il est important d’être au premier plan des discussions internationales sur le travail. Cela afin de créer un cadre aussi équitable que possible pour les entreprises et les organisations et des conditions qui encouragent et permettent l’entrepreneuriat durable.

Résultats marquants

La conférence a réussi à adopter une norme internationale sur les dangers biologiques. Le résultat : Convention n° 192 sur la prévention et la protection contre les dangers biologiques sur le milieu de travail, accompagnée d’une recommandation.

Une attention toute particulière a été accordée à la commission en charge de l’économie de plateforme. Un consensus a été atteint sur le champ d’application et les définitions, mais l’élaboration concrète de ces deux instruments dans un traité constituera un défi de taille à relever l’an prochain. Les employeurs ont déjà mis en garde contre une réglementation rigide concernant le travail de plateforme. Une telle approche risquerait en effet de détruire les opportunités pour de nombreux travailleurs.

Dans le débat général sur la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle, l’accent a été mis sur la part considérable de l’économie informelle dans de nombreuses régions du monde. Le grand défi consiste à savoir comment guider les personnes et les organisations actives dans l’économie informelle dans la transition vers la formalité. Dans ce cadre, les employeurs ont insisté sur :

  • l’importance de la productivité comme condition préalable à la formalisation durable ;
  • la nécessité de soutenir les systèmes administratifs, fiscaux et financiers;
  • et le rôle de la numérisation et des compétences en tant que facteurs clés de la formalisation.

Des leviers essentiels à cet égard sont des réglementations du travail qui encouragent la formalisation au lieu de s’y opposer et une protection sociale durable et efficace.

La Belgique respecte les traités

Et, bien sûr, il y avait également le tribunal de la conférence, la Commission de l’application des normes, avec son statut permanent, qui discute d’une série de cas de non-application ou de violation des normes internationales.

La commission est parvenue à des conclusions claires, équilibrées et précises concernant les violations des normes du travail dans 24 pays. Précisons que la Belgique ne figure pas sur la liste. Pour la première fois, les employeurs ont cependant explicitement mis l’accent sur le non-respect généralisé des traités ratifiés par les États membres. Ils demandent aux pays d’effectuer un examen plus approfondi, en collaboration avec les partenaires sociaux, de leur capacité à respecter les obligations du traité avant de procéder à la ratification. Cela permettrait d’éviter de surcharger le système de surveillance.

La délégation de la FEB, qui participe activement aux débats, est composée (de g. à dr.) de Ineke De Bisschop, Jan Denys (Randstad), Annick Hellebuyck, Marie-Lise Pottier et Kris De Meester. En tant que représentante du monde des entreprises en Belgique, il est important pour la FEB de figurer au premier plan des discussions internationales sur le travail, dans l’optique de définir des conditions de concurrence aussi équitables que possible pour les entreprises et les organisations, ainsi que des conditions qui encouragent et permettent l’entrepreneuriat durable.

  1. 1. Vous pouvez lire l’intervention de Kris De Meester sur https://internationalview.org/2025/06/12/informal-state-of-the-world-address/ ↩︎

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