L’Automotive Package, présenté par la Commission européenne le 16 décembre 2025, constitue une étape majeure dans la stratégie industrielle et climatique de l’Union. Il offre un cadre cohérent pour accompagner la transformation de l’industrie automobile, en combinant révision des standards CO₂, simplification réglementaire, incitants industriels et nouvelles obligations pour les flottes professionnelles. En fixant une trajectoire assouplie en termes d’objectifs mais toujours ambitieuse, la Commission cherche à préserver la compétitivité du secteur.
Au cœur de ce paquet figure la proposition « clean corporate vehicles », qui introduit pour la première fois une approche ciblée sur les flottes des grandes entreprises, identifiées par la Commission comme un levier essentiel de décarbonation. L’objectif est d’accélérer le déploiement de véhicules zéro émission dans les segments où le renouvellement est le plus rapide, en particulier les grandes flottes privées qui permettent d’alimenter le marché de l’occasion.
Pas d’approche « one fits all »
Dans ce contexte européen, la Belgique est plutôt en avance, grâce à la réforme fiscale votée en 2021, qui organise le verdissement fiscal de la mobilité. Cette mesure a généré une électrification rapide du parc des voitures de société : les données du Belgian Mobility Dashboard montrent que les voitures de société sont aujourd’hui le principal moteur de la baisse des émissions moyennes de CO₂ des nouvelles immatriculations, tirant l’ensemble du marché vers les objectifs européens pour 2025‑2029.
Cependant, la nouvelle proposition européenne pourrait, paradoxalement, pénaliser les « bons élèves », en imposant un objectif à l’horizon 2035 très élevé indépendamment des efforts déjà consentis. La Belgique ayant déjà largement basculé vers l’électrique dans le segment corporate, hérite d’objectifs à atteindre très – voire trop ambitieux. Ainsi, si l’ambition européenne est saluée, il importe que son application tienne compte des réalités nationales pour éviter de transformer un leadership précurseur en handicap. Le défi des prochains mois sera de défendre une mise en œuvre pragmatique, reconnaissant les efforts antérieurs et assurant une transition
Lire plus d'articles sur:
