Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, ne mâche pas ses mots : la Belgique devra investir encore davantage dans le rail pour répondre à la demande future. Les voyageurs sont tout à fait disposés à utiliser le train comme moyen de transport national et international, les entreprises demandent des déplacements domicile-travail accessibles et compétitifs en termes de prix et notre pays veut rester la plaque tournante cruciale qu’il est aujourd’hui pour l’économie… « mais cela nécessite des investissements qui vont bien au-delà de 2032 ».

Pour Sophie Dutordoir, se projeter au-delà de l’horizon 2032, date de fin de l’actuel Contrat de service public qui porte sur dix ans, est une nécessité et une évidence. « Si nous voulons réformer en profondeur le niveau de qualité du rail belge, nous devons investir aujourd’hui dans l’infrastructure, le matériel roulant, les services et les personnes pour pouvoir répondre aux besoins nationaux et internationaux des voyageurs et des entreprises. Maintenir l’infrastructure existante en état de marche ne suffira pas. » Une transformation profonde nécessite d’investir dans des solutions qui permettront de répondre aux attentes et aux nouvelles réalités d’ici dix ou vingt ans.
Tout commence par l’infrastructure
Si la SNCB veut assurer une mobilité durable tout en atteignant ses objectifs économiques et environnementaux, elle doit accroître la capacité ferroviaire. « L’état et la capacité des principales lignes ferroviaires doivent être améliorés et étendus de toute urgence », souligne Sophie Dutordoir. « Est-il normal que la SNCB ait dû déployer plus de 66.000 bus l’année dernière, principalement en raison de travaux nécessaires sur les lignes de chemin de fer ? En résumé, si nous n’investissons pas fondamentalement dans le réseau ferroviaire, mais aussi dans l’infrastructure d’accueil au sens large, comme à Bruxelles-Midi, hub ferroviaire international, notre pays ressemblera, en 2035, exactement à ce qu’il est aujourd’hui. »
Modernisation du statut du personnel
Le statut du personnel ferroviaire doit également être revu. La SNCB et Infrabel sont les seules entreprises ferroviaires en Europe à disposer d’un régime presque entièrement statutaire. « Si nous voulons être prêts pour l’avenir, nous devons oser aborder ensemble la modernisation du statut du personnel, loin des dogmes. Nous pouvons débattre longuement du pour et du contre, mais nous ne pouvons pas ignorer le manque actuel de flexibilité. Tout ce que je veux en tant que CEO, c’est que la SNCB soit toujours là après 2032 et que l’avenir des transports publics, de mes collaborateurs et de mon entreprise soit assuré. »
Il reste à savoir si malgré toutes les transformations prévues, les employeurs sont suffisamment conscients des avantages des transports publics pour leurs collaborateurs. Vous trouverez la réponse à cette question et bien d’autres encore dans l’interview de Sophie Dutordoir publiée dans le magazine REFLECT.
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