Actualités • 15 janvier 2026

Accord commercial UE-Mercosur : une avancée stratégique

Le 9 janvier, les États membres de l’UE ont donné leur feu vert à l’accord commercial UE‑Mercosur. Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques, il s’agit d’une étape importante pour ancrer davantage l’économie européenne et belge dans les chaînes de valeur mondiales, en particulier celles de l’Amérique latine. 

Un accord historique

L’Union européenne est aujourd’hui le deuxième partenaire commercial principal du Mercosur1 pour les biens. Ensemble, les deux régions représentent près d’un cinquième de l’économie mondiale. Cet accord a le potentiel de consolider considérablement les relations commerciales et de stimuler la croissance économique, les investissements et l’emploi, au profit d’environ 750 millions de personnes au sein de l’UE et des pays du Mercosur.

Des intérêts offensifs considérables pour les entreprises belges

L’accord prévoit une élimination massive de droits de douane et une réduction des barrières non tarifaires. Au total, les droits d’importation sur 91 % des biens exportés de l’UE vers le Mercosur disparaîtront, ce qui renforcera significativement la compétitivité des entreprises européennes.

Aujourd’hui, le Mercosur applique encore des droits très élevés sur des produits qui figurent parmi les forces de l’Europe et de la Belgique, comme les voitures (jusqu’à 35 %), les produits chimiques (en moyenne 18 %), le chocolat (20 %) et le textile (20 %). Leur suppression progressive réduit les coûts pour les entreprises exportatrices et facilite leur accès à des marchés à forte croissance.

L’accord UE-Mercosur est un levier majeur pour l’ancrage des entreprises belges dans les chaînes de valeur mondiales.

Nouveaux débouchés commerciaux et matières premières critiques

L’accord ouvre en outre des perspectives supplémentaires aux entreprises belges au-delà du commerce de biens. Les entreprises européennes accèdent ainsi à des marchés publics dans les pays du Mercosur dans des conditions similaires à celles des acteurs locaux. Les prestataires de services bénéficieront eux aussi d’un meilleur accès au marché, notamment pour les services aux entreprises, la logistique et le transport.

Par ailleurs, cet accord revêt une importance stratégique pour l’approvisionnement européen en matières premières critiques, essentielles à la transition verte et à l’électrification de l’économie. Des droits de douane réduits et de meilleures conditions commerciales pour des ressources comme le lithium et le graphite naturel renforcent la sécurité d’approvisionnement européenne dans un domaine de plus en plus sensible sur le plan géopolitique.

Protection renforcée et normes élevées

Sur le plan défensif, l’accord inclut des mécanismes de sauvegarde spécifiques destinés à protéger les secteurs vulnérables, tels que l’agriculture et la production alimentaire, en cas d’augmentation soudaine et inattendue des importations. Ces mécanismes pourront être activés dès que nécessaire, comme l’ont confirmé les législateurs européens par le biais d’un règlement visant à assurer leur mise en œuvre dans les plus brefs délais. En parallèle, le principe de base reste inchangé : tous les produits importés doivent respecter les normes et standards de l’UE en matière de sécurité, de santé, d’environnement et de qualité. Leur application systématique demeure essentielle.

Le libre-échange comme instrument stratégique

Dans un monde où les rivalités économiques et les tensions géopolitiques s’intensifient, les accords commerciaux stratégiques sont indispensables pour ancrer la position de l’UE dans les chaînes de valeur mondiales et diversifier les flux commerciaux. L’accord avec le Mercosur contribue à cet objectif stratégique et réduit le risque que des partenaires clés se tournent exclusivement vers d’autres blocs économiques.

Prochaines étapes

Après l’approbation par les États membres, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devrait selon toute vraisemblance signer l’accord le 17 janvier au Paraguay. Il sera ensuite soumis pour adoption au Parlement européen.

Pour la FEB et ses secteurs, il est essentiel que ce processus soit mené à la fois avec minutie et rapidité. L’accord UE-Mercosur est un levier majeur pour la compétitivité internationale de notre économie et pour l’ancrage des entreprises belges dans les chaînes de valeur mondiales.

  1. 1. Le Mercosur, de son nom complet le Marché commun du Sud, est une union économique et politique instituée par l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. ↩︎

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