Actualités • 24 juin 2026

Classement de la compétitivité : la Belgique recule de huit places

Dans le classement annuel « World Competitiveness Ranking », la Belgique recule à la 32e place, soit huit places de moins que l’an dernier.

Le 18 juin, l’International Institute for Management Development (IMD) a publié, comme chaque année, son « World Competitiveness Ranking ». Ce classement compare 70 pays sur la base de plus de 250 critères liés à la compétitivité.

Ces critères se répartissent en deux catégories :

•  Données chiffrées (2/3) : statistiques disponibles, telles que la croissance du PIB ou le volume des exportations

•  Résultats de l’enquête (1/3) :

  • pour les éléments difficiles, voire impossibles, à prendre en compte dans les statistiques existantes, comme les estimations de certains phénomènes difficilement mesurables (notamment en matière de fraude ou de corruption) ;
  • pour mesurer la perception des dirigeants d’entreprise sur certains aspects, tels que la politique fiscale ou la disponibilité de la main-d’œuvre.

Dans quels domaines la Belgique a-t-elle régressé ?

La baisse la plus importante a été observée dans la catégorie efficacité des entreprises. Que ce soit en termes de productivité ou sur le marché du travail, la Belgique recule. Une augmentation de notre productivité reste pourtant essentielle à long terme pour maintenir notre croissance économique. Malgré la pénurie de main-d’œuvre qui tend à s’atténuer sur notre marché du travail, le taux d’emploi belge demeure inférieur à la moyenne de l’OCDE et à ses propres objectifs. Le taux élevé d’inactivité, associé à un nombre record de malades de longue durée, freine la croissance économique.

En ce qui concerne les infrastructures, tous les indicateurs sont en recul par rapport à l’an dernier. Nous constatons non seulement une dégradation de nos infrastructures de base et scientifiques, mais aussi un net affaiblissement de notre système éducatif, qui perd six places. Une situation d’autant plus préoccupante pour un pays qui dispose de peu ou pas de matières premières.

La catégorie de l’efficacité des pouvoirs publics est restée globalement stable. Les finances publiques enregistrent une légère amélioration. En revanche, la forte détérioration de notre législation des entreprises est particulièrement frappante. La compétitivité ne repose pas uniquement sur des économies d’échelle ou l’innovation, mais dépend de plus en plus de la crédibilité institutionnelle. Dans un monde plus fragmenté, des cadres politiques stables et prévisibles ainsi qu’un fonctionnement solide et fiable des pouvoirs publics gagnent en importance.

En matière de politique fiscale, seuls deux pays font moins bien que la Belgique.

En ce qui concerne les indicateurs relatifs à la politique fiscale, seuls deux pays font moins bien que la Belgique. Pour en savoir plus sur les subtilités fiscales de notre pays, consultez notre « Baromètre de la fiscalité belge ».

Principaux défis

Notre pays doit relever cinq défis majeurs s’il veut inverser la tendance à la baisse :

  1. 1. La Belgique doit maîtriser son handicap en matière de coûts salariaux en respectant strictement la modération salariale prévue par la loi. Cela permettra de compenser l’impact de l’indexation automatique sur notre compétitivité.
  2. 2. Dans le même temps, il est essentiel d’assainir durablement les finances publiques grâce à une combinaison de mesures d’économies ciblées et de réformes structurelles du marché du travail et de la sécurité sociale.
  3. 3. La pénurie de main-d’œuvre exige une politique d’activation visant à augmenter le taux d’emploi, renforcer la flexibilité et investir dans les compétences techniques et numériques, en particulier pour les profils STEM.
  4. 4. Les entreprises doivent pouvoir s’appuyer sur un cadre réglementaire plus simple et plus efficace, avec des progrès concrets au niveau de la réduction des charges administratives.
  5. 5. Enfin, il est essentiel de réduire durablement les coûts énergétiques des entreprises et de garantir la sécurité d’approvisionnement.
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A propos des auteurs
Michiel Mariën
Centre de compétence Économie & Conjoncture