Deepfakes, faux diners de gala, demandes urgentes de versements : les entreprises sont confrontées à une nouvelle génération d’arnaques, aux techniques et apparences très diverses. Mais toutes ont une même finalité : extorquer de l’argent ou des données sensibles, et une même conséquence : un préjudice financier.
Depuis plusieurs mois, des familles belges et des chefs d’entreprise sont contactés par téléphone, via WhatsApp ou par e-mail dans le but de leur soutirer de l’argent frauduleusement. Pour ce faire, les suspects n’hésitent pas à usurper l’identité d’un membre du Palais royal ou de la Fondation Roi Baudouin.
Depuis janvier, on se trouve face à une nouvelle vague de tentatives d’escroqueries visant principalement des chefs d’entreprise. Les victimes sont invitées à un entretien vidéo avec des personnalités connues, dont les images sont générées par intelligence artificielle. Certains chefs d’entreprise reçoivent également de fausses invitations à un dîner de gala (fictif) destiné à parrainer un événement (qui n’existe pas en réalité).
Toutes ces escroqueries s’apparentent à la fraude au CEO.
Comment fonctionne la fraude au CEO ?
Cette technique repose sur deux étapes simples mais redoutablement efficaces. Tout d’abord, les fraudeurs collectent toutes les informations disponibles sur votre entreprise via les réseaux sociaux et les sources publiques.
Ensuite, bien documentés, les escrocs prennent l’identité du CEO, d’un directeur ou d’un partenaire clé. Par e-mail, téléphone, WhatsApp ou message urgent, ils demandent un paiement inhabituel, une mise à jour bancaire, un transfert immédiat ou des informations confidentielles.
La clé de leur succès ? L’urgence, la confidentialité… et la pression.
Comment protéger efficacement votre entreprise ?
Vos collaborateurs sont votre première ligne de défense. Apprenez-leur à reconnaître les messages suspects :
- pièces jointes inattendues,
- erreurs linguistiques,
- QR codes étranges,
- demandes d’informations sensibles,
- ou modifications urgentes de paiement.
Un simple processus interne de « double validation » peut stopper 90 % des tentatives.
Aucun virement exceptionnel ne devrait être effectué sans vérification auprès d’un second responsable, via un canal différent (appel interne direct, par exemple).
Enfin il faut tenter de limiter les informations publiées en ligne. Moins votre organisation expose de détails sur ses collaborateurs, ses flux de paiement ou ses relations commerciales, plus il sera difficile pour les pirates de construire une attaque crédible.
Activer impérativement l’authentification multifacteur (MFA)
Le MFA est aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour empêcher une intrusion dans les comptes d’entreprise.
Même si un mot de passe est volé, un second facteur (application d’authentification, code SMS, clé physique…) bloque l’accès au pirate.
Pour une PME, c’est un outil simple, peu coûteux et extrêmement protecteur.
En cas d’arnaque : il est impératif d’agir immédiatement
- Prévenez votre responsable IT,
- changez les mots de passe,
- avertissez vos collègues,
- et contactez votre banque.
En cas de transfert suspect : appelez immédiatement Card Stop (+32 78 170 170) et déposez plainte.
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