Actualités • 24 février 2026

Exportations belges sous pression : un signal d’alarme

La Belgique est une petite économie très ouverte. Entreprendre à l’international est dès lors une nécessité. Or, notre analyse conjoncturelle montre que l’économie belge ne peut plus compter aujourd’hui que sur un seul moteur : la consommation intérieure. Nos importations et exportations reculent, et ce pour la troisième année consécutive. Que se passe-t-il ?

Les chiffres récents font état d’un affaiblissement structurel des flux commerciaux. Au cours du dernier trimestre 2025, les importations belges ont reculé de 6 % et les exportations de 4,2 % par rapport à la même période l’année précédente. Ces résultats confirment une tendance à la baisse : nos importations et exportations diminuent désormais depuis trois années consécutives. Depuis 2022, la contribution des exportations nettes à la croissance économique est légèrement négative (à l’exception de 2023).

Les exportations vers nos pays voisins en baisse

Les exportations vers nos principaux partenaires commerciaux — l’Allemagne, la France et les Pays-Bas — reflètent le ralentissement général de l’industrie européenne. Les exportations vers l’Allemagne ont baissé de 1 %. Une perte limitée, mais révélatrice d’un environnement industriel fragilisé dans la plus grande économie européenne. L’industrie allemande souffre elle aussi des coûts élevés de l’énergie. Les exportations vers les Pays-Bas enregistrent une baisse de 3,6 %, un signal lourd de sens étant donné l’importance capitale du lien logistique et industriel entre les ports d’Anvers-Bruges et de Rotterdam. Le recul le plus marqué concerne la France (-7 %). Nos voisins de l’Hexagone sont un client majeur des secteurs des produits chimiques et de la construction mécanique. 

Pour l’économie belge, le commerce international n’est pas un choix, mais un maillon indispensable dans notre chaîne de création de richesse.

Des secteurs sous pression

Dans le même temps, l’environnement commercial international se complexifie. Les exportations belges vers des pays en dehors de l’UE ont fortement chuté, d’environ 9,1 %. Cela atteste d’un déclin de la compétitivité et de l’évolution des chaînes de valeur mondiales — des risques que la Belgique ne peut ignorer.

Le recul est particulièrement prononcé dans certaines catégories de produits stratégiques, comme les produits minéraux (-13 %) et chimiques (-8 %). Ce sont pourtant des secteurs traditionnellement porteurs en termes de croissance, de valeur ajoutée et d’emploi. L’importance du pôle chimique ne peut être surestimée : il représente à lui seul pas moins d’un quart de nos exportations mondiales. Enfin, les exportations du secteur textile se sont effondrées de 15 %.

Pas de panique, mais…

Les derniers chiffres relatifs aux échanges ne sont pas une raison de céder à la panique, mais ils constituent bel et bien un signal d’alarme indiquant que nous devons réagir rapidement. Une économie ouverte comme la Belgique ne peut tolérer un affaiblissement prolongé. Le recul des flux commerciaux affecte notre potentiel de croissance future, ainsi que notre capacité d’innovation et notre position stratégique au sein des chaînes de valeur internationales.

Quelles actions entreprendre ? La FEB continue d’insister sur la nécessité :

  • de renforcer notre compétitivité en résorbant notre handicap salarial et notre handicap en matière de coûts énergétiques ;
  • de diversifier nos chaînes d’approvisionnement par le biais de la diplomatie et de la conclusion d’accords commerciaux.

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A propos des auteurs
Michiel Mariën
Centre de compétence Économie & Conjoncture