Actualités • 16 mars 2026

Flexi-jobs – Deux success stories

Pour de nombreuses entreprises, les flexi-jobs sont un outil additionnel mais nécessaire en marge d’autres solutions existantes. Ils permettent de répondre à des besoins qui ne sont pas comblés autrement ou difficilement. En témoignent les expériences de Pieter Van Bastelaere, CEO de la Fédération belge des entrepreneurs autobus et autocars (FBAA), et Bart Hombrouckx, directeur des ressources humaines chez Greenyard Prepared.

Les flexi-jobs redynamisent le secteur des bus et des autocars

Les flexi-jobs boostent le secteur des autobus et des autocars. Grâce à ces effectifs supplémentaires, le secteur peut accepter davantage de trajets, planifier plus facilement et enregistrer une croissance plus forte. Nous en avons discuté avec Pieter Van Bastelaere, CEO de la Fédération belge des entrepreneurs autobus et autocars (FBAA).

La pénurie de chauffeurs réduite de moitié
Les flexi-jobs offrent aux entreprises de bus la possibilité de pourvoir les postes vacants de manière structurelle et de répondre à la demande croissante en matière de transport collectif.

« Les flexi-jobs permettent enfin aux entreprises de bus de pourvoir des postes de chauffeur pour lesquels elles peinaient à trouver preneur. Pensez aux chauffeurs d’autocars de tourisme qui travaillent occasionnellement, et aux chauffeurs de bus qui transportent à temps partiel des enfants et des adolescents de l’enseignement spécial. De plus, la demande en transport collectif et en chauffeurs de bus augmente d’année en année. Les flexi-jobs sont essentiels pour y répondre. »

Le système est un succès. Depuis son introduction le 1er janvier 2024, les entreprises privées de bus et d’autocars de notre pays ont embauché pas moins de 4000 profils en flexi-job. Résultat ? La pénurie de chauffeurs dans le secteur a été réduite de moitié en un an.

Pourquoi ces flexi-jobs sont-ils si populaires dans le secteur ? Cela tient entièrement à la nature du travail. Prenons l’exemple du transport scolaire. Celui-ci se prête parfaitement au travail à temps partiel, avec des services fractionnés de quelques heures par jour. Les candidats sont surtout des personnes âgées de 45 ans et plus qui envisagent une seconde carrière en tant que chauffeur de bus à temps partiel.

Les flexi-jobs doivent compléter, et non remplacer
Dans le contexte actuel de marché du travail tendu, il est bien sûr important d’utiliser ces flexi-jobs de manière ciblée et de ne pas y avoir recours pour remplacer des emplois stables. Et cela semble très bien fonctionner.

« Depuis l’introduction des flexi-jobs, notre secteur des bus et autocars compte 8% de chauffeurs et 6% d’équivalents temps plein supplémentaires. Des emplois ont donc été créés, et non supprimés. »

Des emplois tant saisonniers que réguliers
Les entreprises de bus peuvent être actives dans le transport de ligne, scolaire et de loisirs, chaque segment d’activité ayant ses propres horaires et ses types de bus. En fonction du type de mission, elles font appel à des flexi-jobs pour des trajets supplémentaires le week-end, de courts trajets scolaires ou des déplacements ponctuels. Les flexi-jobs sont donc utilisés aussi bien pour les transports saisonniers (transport de loisirs) que réguliers (transport scolaire et de ligne), en fonction des besoins de l’entreprise.

Pieter Van Bastelaere nous donne un aperçu. « Le transport de ligne s’effectue avec des bus de ligne, en continu en semaine et le week-end, comme chez De Lijn. Le transport scolaire s’effectue avec des bus scolaires, parfois plus petits, pendant l’année scolaire. Les élèves sont pris en charge à domicile et déposés à l’école ; l’après-midi, le trajet s’effectue dans le sens inverse. Le transport de loisirs s’effectue en autocar, tout au long de l’année. Il peut par exemple s’agir de transports vers des concerts ou des compétitions sportives, mais aussi de voyages touristiques dans le pays et à l’étranger, principalement entre mars et octobre. »

Les entreprises de bus et d’autocars font donc appel à leurs flexi-jobbers de multiples façons. « Pour le transport de ligne, l’entreprise peut faire appel à un chauffeur en flexi-job, par exemple pour une mission supplémentaire le week-end ou pour remplacer un collègue malade en semaine. Pour le transport scolaire, elle peut rechercher un flexi-jobber, par exemple pour un trajet court dans une zone plus éloignée, pendant une ou plusieurs périodes de l’année scolaire. Pour le transport de loisirs, l’entreprise peut rechercher un flexi-jobber, pour un trajet ponctuel le week-end. »

Plus de chauffeurs, plus de trajets, plus de croissance
La valeur ajoutée est évidente, conclut Pieter Van Bastelaere : « Grâce aux flexi-jobbers, les entreprises de bus peuvent pourvoir des postes de chauffeurs pour lesquels elles avaient du mal à trouver des candidats et accepter des missions de transport qu’elles devaient auparavant refuser, faute de chauffeur. »

Cela signifie également que ces entreprises peuvent poursuivre leur croissance. De plus, avec un pool de chauffeurs plus important, il est bien sûr beaucoup plus facile de planifier les déplacements. Et surtout, le secteur constate une meilleure rétention des effectifs, en partie grâce à la rémunération attractive du régime de flexi-job, avec un salaire brut égal au salaire net.

« Les flexi-jobs permettent une organisation différente »

Dans un environnement de production où une planification très serrée est indispensable et où pics d’activité et absences se succèdent rapidement, les flexi-jobs sont bien plus qu’un simple outil pratique. Ils offrent davantage de marge de manœuvre aux collaborateurs fixes et réinjectent une expérience précieuse au sein de l’organisation. Nous avons rencontré Bart Hombrouckx, directeur des ressources humaines chez Greenyard Prepared.

Une entreprise qui ne s’arrête jamais
« Nous comptons environ 910 collaborateurs fixes, complétés par des intérimaires et des flexi-jobbers. Au total, près d’un millier de personnes travaillent sur notre site. Greenyard Prepared produit et conditionne des denrées alimentaires telles que des légumes, des fruits, des soupes et des sauces sous marque de distributeur. L’entreprise fait partie du groupe international Greenyard, qui mise sur une alimentation saine et durable à base de fruits et légumes sous toutes leurs formes. Cela requiert des personnes qui prennent leurs responsabilités, font preuve d’initiative et souhaitent contribuer chaque jour à cette mission. Par ailleurs, les équipes de production doivent en permanence être au complet. »

La plupart des flexi-jobbers sont actifs au sein du département de production, où ils assurent le fonctionnement des lignes et apportent un soutien à différentes étapes du processus.

Flexibilité en réponse à une demande structurelle
Chez Greenyard Prepared, les flexi-jobs apportent avant tout une réponse à un enjeu structurel : la demande croissante de travail à temps partiel des collaborateurs fixes.

« Les collaborateurs accordent une grande importance à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et sollicitent de plus en plus souvent des régimes de travail à temps partiel. Par le passé, c’était difficilement conciliable avec notre planning en continu. Aujourd’hui, si quelqu’un souhaite par exemple être libre chaque vendredi, nous pouvons le permettre sans mettre en péril la continuité de la production. »

« Les flexi-jobs permettent également d’absorber plus facilement les périodes de congé. Mais la véritable différence est plus profonde : les flexi-jobs permettent une organisation différente. »

Retraités boomerang
Chez Greenyard Prepared, on compte parmi les flexi-jobbers beaucoup d’anciens collaborateurs qui reviennent après leur départ à la retraite.

« Cette possibilité représente une valeur ajoutée importante pour l’entreprise. Ces collaborateurs disposent en effet d’une connaissance approfondie des processus, des équipes et de l’organisation. Ils sont directement opérationnels et transmettent leurs connaissances aux collègues plus jeunes. »

Ce dispositif présente également des avantages significatifs pour les intéressés. « Bon nombre d’entre eux affirment que cela leur apporte un rythme et un sentiment d’utilité et leur permet d’éviter la sensation de ‘vide’ qui peut suivre le départ à la retraite. Grâce à leur flexi‑job, ils restent impliqués, mais à un rythme qui convient à leurs attentes. »

Win-win-win
Le système fonctionne parce que tout le monde y gagne.

« Les flexi-jobbers choisissent délibérément de travailler un nombre limité de jours par semaine. Ils arrivent donc au travail extrêmement motivés  », explique Bart Hombrouckx. « De plus, nous savons aussi à long terme sur qui nous pouvons compter. Cela simplifie nettement la planification. »

Cela donne plus de marge de manœuvre aux collaborateurs fixes. Pour l’entreprise, cela apporte à la fois stabilité et flexibilité. Et pour le flexi‑jobber, un travail qui fait sens, avec des horaires qui lui conviennent.

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A propos des auteurs
David Rozenblum
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale