La mobilité professionnelle est souvent présentée comme un levier clé pour un marché du travail performant. Où se situe la Belgique en la matière et pour les transitions vers l’emploi ? Quels résultats notre pays enregistre-t-il et quel est leur impact sur le marché du travail ?
Un taux d’emploi de 72,8% début 2026
Le marché du travail reste confronté à des défis structurels qui pèsent sur le taux d’emploi. Celui-ci progresse, mais à un rythme relativement faible. Début 2026, 72,8% des 20-64 ans occupaient un emploi, soit un niveau inférieur à la moyenne européenne de 76,1%. Selon les dernières prévisions du Bureau du Plan, ce taux atteindra 74,8% en 2031, encore loin de l’objectif de 80% que notre pays s’est fixé. Notre marché du travail est pourtant confronté, comme celui des autres pays, au vieillissement démographique ainsi qu’aux transitions digitale et écologique, qui en modifient les équilibres. Mobiliser l’ensemble de la main-d’œuvre, encourager l’allongement effectif des carrières et relever l’âge de sortie du marché du travail constituent autant de leviers essentiels pour faire progresser le taux d’emploi.
La mobilité professionnelle en Belgique stagne à 6,6%, contre 9,9% pour la moyenne de pays de l’OCDE.
Une mobilité professionnelle trop faible
Dans un rapport thématique, l’OCDE souligne la faiblesse de la mobilité professionnelle en Belgique (6,6%) par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (9,9%), à la Suède (23,8%) ou au Royaume-Uni (14,8%). L’organisation rappelle l’importance de promouvoir une plus grande mobilité professionnelle afin de maintenir davantage de personnes au travail plus longtemps et de soutenir la croissance économique, la productivité et la soutenabilité des finances publiques. Les travailleurs plus jeunes ont tendance à être plus mobiles que les plus expérimentés, même si les performances générales de la Belgique en la matière restent relativement faibles.
Les causes ?
L’OCDE pointe notamment les rigidités qui caractérisent notre marché du travail. Le niveau élevé de protection de l’emploi n’encourage pas la mobilité professionnelle. Notons qu’avec l’exécution de l’accord de gouvernement 2025, les délais de préavis sont adaptés, avec notamment l’instauration d’un plafond en cas de licenciement. La mobilité géographique et interrégionale demeure elle aussi insuffisante.
Des taux de transition vers l’emploi faibles
Les chiffres relatifs aux transitions du chômage ou de l’inactivité vers l’emploi sont eux aussi faibles. Entre le premier trimestre de 2025 et le premier trimestre de 2026, 35% des chômeurs ont retrouvé un emploi et 7,9% des inactifs ont effectué la transition vers l’emploi. Notre pays doit davantage encourager et favoriser ces transitions. Les réformes mises en place en matière de limitation dans le temps des allocations de chômage et dans le régime maladie et invalidité constituent déjà de premiers pas dans la bonne direction. L’OCDE insiste sur l’importance de supprimer les freins à l’emploi et de renforcer les mesures incitatives en faveur de la participation au marché du travail.
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