Le Conseil national du travail (CNT) a rendu le 14 juillet 2026 un avis unanime sur le régime des flexi-jobs (2.496), basé sur l’analyse du Bureau du Plan et de la Cour des Comptes. La FEB salue l’unanimité mais plaide pour une analyse objective et sectorielle élargie.
Cette analyse est essentiellement centrée sur un secteur spécifique, celui de l’Horeca. Les flexi-jobs étaient une mesure, parmi d’autres, du « Plan Horeca » comme la caisse enregistreuse, les heures supplémentaires volontaires nettes et l’extension du travail occasionnel.
Que retenir de cette première évaluation ?
- Elle montre que les flexi-jobs ont permis de répondre effectivement à une partie des pénuries sur le marché du travail ;
- Les partenaires sociaux formulent de nombreuses demandes pour les prochaines évaluations. Leur souhait est notamment de pouvoir réaliser un examen objectif, par un organisme de recherche indépendant, des motifs des personnes qui choisissent d’exercer un flexi-job, ainsi que des raisons pour lesquelles les employeurs proposent des flexi-jobs ;
- Sur le fameux « effet de substitution » (le remplacement d’emplois standards par des emplois complémentaires), ceux qui cherchaient des preuves de la réalité de cet effet en sont pour leurs frais. Les données statistiques de l’ONSS ne permettent pas d’y conclure. Selon l’analyse du Bureau du Plan « un léger effet de substitution est observé pour l’Horeca mais cet effet est limité en intensité et dans la durée ». Ce constat est toutefois contredit par une étude de Hiva (l’institut de recherche sur le travail de la KU Leuven), qui établit que ce constat est prématuré et qu’au contraire la part des embauches à temps plein − notamment dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration − n’a pas diminué.
Une large part du débat concernant les flexi-jobs occulte les réalités auxquelles sont confrontées les entreprises.
Qu’en pense la FEB ?
La FEB est satisfaite d’avoir pu rendre cet avis unanime au sein du CNT quant à cette première évaluation, même si elle est basée sur une analyse réalisée essentiellement pour le secteur de l’Horeca, dont les conclusions ne peuvent être étendues aux autres secteurs.
La FEB continue à estimer qu’une large part du débat concernant les flexi-jobs occulte les réalités auxquelles sont confrontées les entreprises, comme les difficultés de recrutement, les demandes croissantes d’aménagement de la carrière professionnelle, l’imprévisibilité de plus en plus forte des cycles de production, les besoins saisonniers de main-d’œuvre, la réticence croissante de travailleurs face à des horaires atypiques, le besoin des pensionnés de rester actifs, les nécessités d’accompagner les travailleurs moins expérimentés, etc.
Ces défis, et tant d’autres, sont des obstacles à la croissance des entreprises du fait d’un cadre légal peu dynamique et du fait de l’absence de solutions alternatives structurelles. Tout cela mérite un vrai débat plutôt que des déclarations à l’emporte-pièce.
> Lire aussi notre page récapitulative La loi « flexi-jobs » publiée !
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