Dans le classement mondial annuel en matière de compétitivité (« World Competitiveness Ranking »), la Belgique tombe à la 24e place, soit six de moins que l’année dernière. Les faibles évolutions économiques et les finances publiques qui poursuivent leur érosion nous font perdre du terrain par rapport à d’autres pays.
Le 18 juin, International Institute for Management Development (IMD) a publié comme chaque année son « World Competitiveness Ranking », classant 67 pays sur la base de 256 critères liés à la compétitivité. Ces critères se répartissent en deux catégories :
- Données concrètes (2/3) : statistiques disponibles telles que la croissance du PIB ou le volume des exportations.
- Résultats d’une enquête (1/3) :
- Pour les aspects difficiles ou impossibles à saisir dans les statistiques existantes, telles que les estimations relatives à certains phénomènes difficiles à mesurer (par ex., concernant la fraude ou la corruption) ;
- Pour sonder la perception des chefs d’entreprise sur certaines questions, telles que la politique fiscale ou la disponibilité de la main-d’œuvre.
Pour les indicateurs relatifs à la politique fiscale, la Belgique obtient le score le plus bas de l’ensemble des 67 pays.
Dans l’exercice annuel de classement de tous les pays, la Belgique a perdu six places, ce qui nous relègue à la 24e place. La baisse la plus importante a été enregistrée dans la catégorie des performances économiques. Cette situation s’explique par une croissance économique relativement faible, de médiocres résultats à l’exportation et une inflation plus élevée en 2024. Pour ces deux derniers indicateurs, notre pays tombe à son plus bas niveau depuis 15 ans.
L’indicateur de l’efficacité des pouvoirs publics s’est également détérioré. Tant la politique fiscale que les finances publiques continuent de se dégrader, alors que nous sommes déjà à la traîne dans ces domaines. En ce qui concerne l’imposition des personnes physiques, par exemple, nous occupons désormais la dernière place !
Heureusement, tout n’est pas noir. Nous avons progressé dans le domaine des énergies renouvelables, nous disposons d’une main-d’œuvre particulièrement bien formée et qualifiée, d’une forte culture de la recherche et du développement et notre pays se classe parmi les premiers en termes de productivité, d’ouverture économique et de qualité de l’enseignement.
Retour à la moyenne à long terme
Notre 24e position cette année correspond à la position moyenne que nous avons occupée depuis les années 2000. En 2023, par contre, nous avons atteint le classement le plus élevé jamais atteint, à savoir la 13e position. Cela s’est produit à un moment inattendu, compte tenu des problèmes économiques majeurs causés par l’invasion russe en Ukraine (crises de l’énergie, de l’inflation et de la compétitivité).
Évolution de la Belgique et des pays voisins dans le classement mondial (à gauche) et quelques points problématiques (à droite) | Source : IMD


C’est étrange, car nous avons obtenu des résultats particulièrement bons dans des domaines où peu d’ajustements politiques ont été réalisés. Que s’est-il passé ? Les résultats de l’enquête de cette année-là n’étaient pas très représentatifs en raison d’un échantillon exceptionnellement réduit pour les données introduites. Ainsi, nos résultats se sont envolés de manière ponctuelle dans des domaines où des problèmes notoires existaient – et existent toujours – tels que les finances publiques, l’imposition des personnes physiques ou le financement des pensions. Au cours des deux années suivantes, les résultats (avec un échantillon à nouveau plus large et donc plus représentatif) sont revenus à la moyenne à long terme, comme prévu.
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