L’afflux massif de produits d’e-commerce exerce une forte pression sur notre économie. Tant nos commerçants que notre résilience industrielle, notre santé publique et notre durabilité en subissent les conséquences. Un nouvel avis du CCE insiste sur la nécessité de prendre des mesures immédiates.
L’abondance de colis liés à l’e-commerce submerge les services d’inspection. De ce fait, des produits non conformes aux réglementations passent à travers les mailles du filet. Sur la base de contrôles réalisés aléatoirement, la douane estime que 25 à 40 % des colis sont concernés. Ce phénomène :
- sape la concurrence loyale pour les entreprises locales qui respectent l’ensemble des règles ;
- menace la sécurité des consommateurs et la santé publique par l’introduction de marchandises dangereuses et/ou non durables ;
- nuit à l’économie en pesant sur la croissance et est responsable d’une perte de recettes pour l’État.
Une politique énergique devient d’autant plus urgente si l’on veut créer des conditions de concurrence équitables. En 2022, la FEB soulignait déjà dans sa propre étude l’important retard de l’e-commerce belge et son impact sur l’économie belge.
Depuis lors, le paysage a une fois de plus évolué en raison de l’essor du commerce électronique chinois. Mais il s’est surtout encore intensifié. Les chiffres en disent long : environ trois millions de colis chinois entrent dans le pays quotidiennement, contre seulement un million par jour en 2023.
L’avis du Conseil central de l’économie (CCE) propose six mesures concrètes.
- 1. Le renforcement des services de douane et d’inspection ;
- 2. L’accélération de la mise en œuvre d’une réforme douanière, et en particulier la suppression de l’exonération des droits de douane pour les colis d’une valeur n’excédant pas 150 EUR ;
- 3. L’introduction de frais de traitement fixes qui contribueraient au financement des contrôles ;
- 4. Le contrôle et la suppression systématiques des boutiques en ligne et plateformes frauduleuses et non conformes ;
- 5. Une campagne nationale de sensibilisation inspirée du modèle adopté en France ;
- 6. La création d’un organisme de contrôle du commerce électronique qui élaborera un plan d’investissement.
Ce n’est qu’en agissant que nous donnerons à nos propres commerçants une chance d’asseoir leur position concurrentielle et que nous pourrons préserver la santé et la sécurité publiques.
> Lien vers l’avis ‘Mettons fin à l’importation de produits d’e-commerce non conformes et dangereux’ du CCE
Lire plus d'articles sur:
