Le 12 mars 2025, le Conseil central de l’économie (CCE) publiait son rapport annuel sur l’emploi et la compétitivité. Cette édition se focalise sur le développement d’une vision et d’une stratégie pour un modèle socioéconomique résilient, compétitif, inclusif et soutenable − en termes d’écologique et de finances publiques − à l’horizon 2050. Ce rapport a été présenté à la commission « Économie » du parlement fédéral.
Le rapport se penche sur les différentes transitions (écologique, démographique et technologique) auxquelles sont confrontées notre économie et notre société, et qui constituent de réels défis.
Transition écologique
La question de la transition écologique reste précaire, davantage dans le nouveau contexte géopolitique et concurrentiel belge/européen. Il est clair que les ménages, les entreprises et les pouvoirs publics ont besoin le plus rapidement possible d’une politique cohérente − en termes de mesures et dans le temps − pour changer leur comportement et préparer les investissements nécessaires.
Transition démographique
L’augmentation du taux d’emploi est indispensable pour la soutenabilité des finances publiques. Cela contribuera à la compétitivité des entreprises en leur permettant de disposer de travailleurs en nombre suffisant. D’une part, il convient de mobiliser au maximum les réserves de main-d’œuvre disponibles, et, d’autre part, d’améliorer la qualité de l’appariement entre l’offre et la demande sur le marché du travail. En parallèle, cela renforcera l’inclusivité de notre modèle socio-économique en favorisant l’insertion des citoyens sur le marché du travail.
Transition technologique
Comme la majorité des pays industrialisés, l’amélioration progressive de la productivité a fortement ralenti depuis la fin des années 70. Est-on arrivé à une limite ? Non, car les États-Unis nous montrent que l’adoption de nouvelles technologies, comme l’IA, peut être une nouvelle source de création d’emploi et de croissance. Il est donc important que nos entreprises continuent d’investir dans la digitalisation de leurs processus pour combattre l’érosion des parts de marché et des marges, mais également pour créer de nouvelles opportunités commerciales (marchés, biens, services…).
Dans ce cadre, le rapport met en avant quelques chantiers :
- Investir dans les compétences (liens entre enseignement et marché du travail, STEM et compétences transversales, formation en alternance, formation permanente) ;
- Renforcer l’écosystème d’innovation (approche coordonnée de la R&D et soutien à l’émergence et à la croissance de nouvelles entreprises innovantes fondées sur l’IA) ;
- Renforcer les investissements publics (en privilégiant les investissements à impact qui améliorent la résilience et le potentiel de croissance) ;
- Favoriser et faciliter le trajet vers l’emploi qualitatif (améliorer les transitions sur le marché du travail et la mobilité professionnelle, supprimer les pièges à l’emploi, réduire les risques d’incapacité et d’invalidité, améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée) ;
- Accélérer la transition vers l’économie circulaire (nécessité d’une vision stratégique interfédérale à long terme) ;
- Préserver la soutenabilité des finances publiques (trajectoire d’ajustement budgétaire sur sept ans, nécessité d’équilibre entre croissance, dynamique des dépenses, dynamique des recettes et réduction du déficit budgétaire actuel) ;
- Renforcer la gouvernance (nécessité d’un meilleur alignement entre les domaines politiques et les niveaux de pouvoir).
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