Le monde devient de plus en plus petit. Un conflit à des milliers de kilomètres peut affecter le bilan de nos entreprises en un rien de temps. La guerre en Iran et l’escalade des tensions dans la région font grimper les prix de l’énergie, perturbent les chaînes d’approvisionnement et ravivent la crainte d’une poussée inflationniste. Pour une économie ouverte comme la Belgique, ce n’est pas juste de la théorie : ces chocs se traduisent très rapidement par une hausse des coûts, une pression accrue sur les marges et des investissements reportés. Attendre n’est pas une option. Se préparer, oui.
Résilience et compétitivité
La préparation doit être double : du côté des décideurs et des entreprises. Les responsables politiques doivent se concentrer sur les leviers qui renforcent notre compétitivité internationale : moins de charges administratives et des procédures d’obtention de permis plus rapides, une énergie sûre et abordable, provenant tant de la production nationale que de partenaires fiables, ainsi qu’une accélération des accords commerciaux stratégiques pour diversifier nos marchés.
Mais même la meilleure politique ne peut éliminer toutes les incertitudes. C’est pourquoi la FEB soutient les entreprises avec BE PREPARED, un outil qui comprend des scénarios concrets et un kit pratique. Objectif : mettre au jour les vulnérabilités, préparer les décisions et permettre aux entreprises de réagir plus rapidement en cas de choc.
Partenariats et accords
Pour garantir la sécurité d’approvisionnement et maintenir des prix énergétiques abordables, il faut pouvoir compter sur des partenaires fiables. La Norvège en est un exemple emblématique : l’un des principaux fournisseurs de gaz de l’Europe et un acteur stratégique de premier plan dans la transition énergétique. La visite d’État de cette semaine a mis en évidence cette relation ainsi que les nombreuses opportunités qu’elle offre aux entreprises belges, qu’il s’agisse d’énergie ou d’innovations offshore.
En parallèle, il est indispensable de diversifier nos marchés d’exportation et de développer de nouveaux partenariats. L’accord de libre‑échange avec les pays du Mercosur ouvre l’accès à un énorme marché en forte croissance, tout en prévoyant des mécanismes de protection pour les secteurs sensibles. L’accord commercial conclu cette semaine avec l’Australie renforce, pour sa part, l’importation de matières premières critiques. Dans les deux cas, il s’agit de bien plus que d’une réduction des tarifs douaniers : ces accords constituent de véritables leviers pour diversifier nos flux d’exportation et d’importation et pour renforcer notre résilience économique. C’est pourquoi leur une entrée en vigueur rapide est cruciale.
Jeunes talents au-delà des frontières
Dans un contexte d’incertitude géopolitique, entreprendre à l’international n’a plus rien d’évident. Pourtant, alors que 85 % de la croissance économique mondiale se situe en dehors de l’Europe, ouvrir nos horizons reste indispensable pour stimuler la croissance, l’innovation et l’emploi. C’est dans cette optique que la FEB organise la deuxième édition du YTiA Xplorer Award, un concours destiné aux étudiants-entrepreneurs afin de développer leur orientation internationale. Les lauréats suivent un programme intensif, comprenant notamment un mentorat de CEO, plusieurs ateliers thématiques et un voyage entrepreneurial et de réseautage.
Il ne s’agit pas d’un exercice de relations publiques, mais bien d’un levier concret pour aider les jeunes entrepreneurs à franchir les frontières plus rapidement et avec davantage de confiance. Le commerce international reste notre moteur vital. Nous pouvons le renforcer en développant de la résilience, en approfondissant nos partenariats stratégiques et en concluant de nouveaux accords commerciaux. Cela permettra à la Belgique de rester compétitive en période de turbulences : ouverte au commerce, prête à encaisser les chocs.
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