Actualités • 07 octobre 2026

Entreprises en difficulté : anticiper pour préserver la valeur

Valeur comptable, valeur des actifs, valeur de cession ou valeur en continuité : dans le cadre du livre XX du Code de droit économique, l’évaluation d’une entreprise en difficulté est devenue un enjeu décisif. Ses activités, ses compétences, ses clients, ses emplois et son savoir-faire peuvent encore être préservés. Tel était le message central de la conférence organisée par Anthemis fin septembre sur les entreprises en difficulté et les différentes valeurs de l’entreprise. Juristes, magistrats et professionnels du chiffre y ont croisé leurs regards afin de mieux comprendre comment agir avant qu’il ne soit trop tard.

Nathalie Ragheno, premier conseiller au centre de compétence Droit & Entreprise de la FEB, a contribué aux échanges sous l’angle des risques encourus par les entreprises face aux défis géopolitiques. Guerres, tensions commerciales, hausse du prix de l’énergie, rupture des chaînes d’approvisionnement, crédit plus cher, cyberattaques : des événements parfois lointains peuvent rapidement avoir des effets très concrets sur la production, les ventes ou la trésorerie d’une entreprise belge.

Des signaux d’alerte à prendre au sérieux

Les chiffres présentés appellent à la vigilance. En 2025, 11.685 entreprises ont fait faillite en Belgique, entraînant la perte de près de 30 000 emplois. Au premier semestre 2026, plus de 6.200 faillites ont déjà été enregistrées. Dans le même temps, la rentabilité recule dans une grande partie des secteurs, et de nombreux investissements sont reportés. Derrière ces données, il y a des entrepreneurs, des travailleurs, des fournisseurs et parfois tout un tissu local.

Mieux détecter et accompagner les difficultés

Pour la FEB, la priorité est claire : mieux vaut prévenir que réparer. Notre système doit donc mieux soutenir cette anticipation. Les chambres des entreprises en difficulté, au sein des tribunaux de l’entreprise, ont un rôle essentiel à jouer. Elles peuvent repérer les signaux d’alerte, inviter le dirigeant au dialogue et l’orienter vers les bons outils. Encore faut-il leur donner les moyens humains, les données et les instruments nécessaires pour intervenir rapidement et de manière constructive.

Pour la FEB, la priorité est claire : mieux vaut prévenir que réparer.

Il faut aussi changer notre regard. Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse. Une entreprise peut être fragilisée par un choc extérieur sans avoir été mal gérée. La stigmatisation pousse parfois les dirigeants à se taire ou à agir trop tard. Or, reconnaître un problème à temps, c’est faire preuve de responsabilité envers les travailleurs, les clients et les partenaires.

Un cadre propice à la continuité et à la restructuration

Enfin, les entreprises ont besoin d’un cadre réglementaire simple, souple et mieux adapté aux réalités économiques. Le droit de l’insolvabilité ne doit pas seulement organiser l’échec. Il doit permettre la continuité, la restructuration et la seconde chance lorsque l’activité reste viable. Des procédures accessibles, rapides et prévisibles peuvent éviter la destruction inutile de valeur. Avec son toolkit BE PREPARED, la FEB invite chaque entreprise à identifier ses vulnérabilités, tester plusieurs scénarios et préparer sa réponse avant la crise. Anticiper les risques géopolitiques, ce n’est pas prédire l’avenir : c’est gagner du temps, protéger la continuité et préserver la valeur.

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A propos des auteurs
Nathalie Ragheno
Centre de compétence Droit & Entreprise