Le 20 février, la Banque nationale a publié son rapport annuel, dans lequel elle donne un aperçu des évolutions dans l’économie belge en 2024. Quelle est la situation de notre pays ?
Les exportations sous pression en raison de la perte de compétitivité
Comme ces dernières années, les exportations nettes contribuent à peine à la croissance économique. On note une diminution sensible des parts de marché à l’exportation, atteignant 12 % sur une période de deux ans. À cet égard, la Banque nationale souligne principalement le recul des exportations de vaccins. Toutefois, nos propres calculs montrent que même sans ce facteur, notre pays perd des parts de marché de façon substantielle. Cette situation s’explique en grande partie par les prix élevés de l’énergie qui frappent l’industrie européenne et par l’aggravation du handicap de la Belgique en matière de coûts salariaux par rapport à ses trois pays voisins.
Cette dégradation est principalement due à l’indexation automatique des salaires, qui a fait croître les salaires en Belgique de près de 17 % en trois ans. Par conséquent, il n’existe aucune marge pour des augmentations des salaires réels au cours des deux prochaines années. Il s’agit en effet de sauvegarder notre compétitivité.
Un assainissement des finances publiques s’impose
Malgré la fin progressive des mesures exceptionnelles après la crise COVID de 2020 et la crise énergétique de 2022, le déficit belge a continué sa hausse en 2024, s’établissant à
4,6 % du PIB. La Belgique fait ainsi l’objet d’une procédure de déficit excessif lancée par la Commission européenne en juin 2024.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la progression du déficit s’inscrit dans un contexte d’augmentation des recettes, qui ont retrouvé en 2024 leur niveau d’avant la crise du COVID. Cependant, cette amélioration des revenus publics n’a pas suffi à compenser la forte augmentation des dépenses, principalement tirée par la progression continue des dépenses sociales. Le vieillissement de la population continue à durablement grever les dépenses de pensions et de soins de santé. Enfin, la remontée des taux d’intérêt a contribué à la progression du déficit en alourdissant le coût du financement de la dette en 2024. En l’absence d’un assainissement budgétaire, la perte de confiance des marchés risquerait d’accroître encore la charge des intérêts.
Face à ce constat, la BNB encourage fortement le nouveau gouvernement à procéder à l’assainissement des finances publiques, à travers la mise en place d’une trajectoire de dépenses soutenable. Elle souligne également la nécessité d’établir une approche coordonnée entre l’État fédéral et les différentes entités fédérées.
Rendre le travail plus rémunérateur et mettre en place des politiques d’activation efficaces
La croissance de l’emploi intérieur a été relativement faible en 2024 (environ 13.000 emplois supplémentaires), surtout parmi les salariés dans le secteur marchand, où l’emploi a diminué, après des augmentations de 40.000 et 95.000 emplois en 2023 et 2022 respectivement.
La problématique des pénuries de main-d’œuvre reste néanmoins fort présente en Belgique et pèse sur la croissance économique. Le vieillissement démographique va également intensifier ces problèmes d’offre. Orienter efficacement les demandeurs d’emploi et améliorer leur mobilité interrégionale sont des leviers essentiels afin d’augmenter le taux d’emploi (72,2 % sur les 3 premiers trimestres de 2024). Les transitions du chômage et de l’inactivité vers l’emploi restent trop faibles et devraient être améliorées.
À côté des chômeurs et du taux de chômage relativement stable, la non-participation au marché du travail (mesurée par les personnes inactives) et plus particulièrement le nombre croissant de malades de longue durée sont préoccupants. La BNB rappelle, tout comme le fait le Conseil supérieur de l’emploi, l’importance d’agir rapidement en vue de la réintégration de ces inactifs, en rappelant que le travail peut également contribuer à la guérison.
Lire plus d'articles sur:


