La nouvelle édition du magazine REFLECT de la FEB est en ligne. Son thème : « innover ou stagner ? », une occasion idéale pour interviewer le (parfois controversé) penseur suédois de l’innovation Johan Norberg. Ci-dessous, un avant-goût…

Fin 2024, plus de 600 experts en innovation, entrepreneurs et décideurs politiques se sont réunis au Docks Dome Eventhall à Bruxelles, à l’occasion de notre forum « innover ou stagner ? ». innover, sans majuscule. Non sans raison, car l’objectif est que notre pays passe au niveau supérieur grâce à sa capacité d’innovation : du premier rang européen au premier rang mondial. Comment ? Telle était la question posée et à laquelle le penseur de l’innovation suédois Johan Norberg (°1973) nous a aidés à trouver des réponses.
L’auteur de The Capitalist Manifesto: Why the Global Free Market Will Save the World (2023) n’a pas peur des déclarations audacieuses (mais toujours solidement étayées). Pour lui, le capitalisme de libre marché est « le meilleur moyen de trouver des solutions aux problèmes de l’humanité, car il permet à un plus grand nombre de personnes d’expérimenter des idées nouvelles et étranges, et de créer ensemble quelque chose qui nous fait tous avancer ».
Le capitalisme permet à un plus grand nombre de personnes de créer ensemble quelque chose qui nous fait tous avancer.
Mais cette liberté d’innover se trouve actuellement bridée, d’après Johan Norberg. « La réglementation nous rend de plus en plus réticents face aux risques. Innover implique de tomber et de se relever. Nous ne sommes pas à l’abri d’une « explosion ». Il s’agit alors d’apprendre de nos erreurs. L’Europe, en particulier, souffre de la surréglementation. Le journaliste économique Alan Beattie a écrit un jour dans le Financial Times : ‘Like the Tyrannosaurus rex in Jurassic Park, EU officials hunt by movement. If part of the economy is growing fast, they’re rapidly on its tail.’ Bien sûr, les règles sont nécessaires, mais elles ne doivent pas empêcher l’expérimentation et les tâtonnements. »
L’idée la plus stupide jamais défendue
Aujourd’hui cependant, la valeur de la liberté économique est remise en question et la décroissancefait de plus en plus d’adeptes. Johan Norberg ne cache pas son aversion face à une contraction de l’économie : « La décroissance est l’idée la plus stupide jamais défendue par des personnes intelligentes sur notre planète. Elle est en outre dangereuse parce qu’au fond, cela signifie qu’à terme nous allons dégrader notre capacité à créer et à inventer de nouvelles solutions. Et réduire l’économie à un jeu à somme nulle. Car le seul moyen qui nous restera alors pour améliorer notre niveau de vie ou résoudre de nouveaux problèmes sociétaux (une pandémie, un risque environnemental…) sera d’abaisser le niveau de vie des autres. C’est ainsi que l’on crée le tribalisme, une guerre entre groupes d’intérêts. Cela ne résoudra pas nos problèmes environnementaux ».
Prenons l’exemple de la pandémie de coronavirus. Le monde entier a tourné au ralenti, les avions sont restés cloués au sol, les flux commerciaux se sont figés… et pourtant les émissions mondiales de carbone ont diminué d’à peine 6% en 2020. C’est une goutte d’eau dans l’océan par rapport à l’objectif de l’accord de Paris sur le climat. « À ce rythme, il faudrait une pandémie chaque année jusqu’en 2030, avec toutes les conséquences négatives que cela aurait sur le niveau de vie, la santé et les opportunités sociales de tous les habitants de la planète. Est-ce la voie à suivre ? » La version intégrale de l’interview de Johan Norberg peut être consultée dans la dernière édition du magazine REFLECT.
La version intégrale de l’interview de Johan Norberg peut être consultée dans la dernière édition du magazine REFLECT.
