Actualités 04 mars 2026

Pourquoi la réforme des pensions ne nuit pas aux femmes et garantit la solidarité

Contrairement à une opinion répandue, la réforme des pensions ne constitue pas un recul pour les femmes. Elle vise avant tout à garantir une meilleure valorisation du travail presté, tout en tenant compte des parcours professionnels féminins, souvent marqués par des interruptions pour raisons familiales et un recours au temps partiel.

Reconnaissance des carrières féminines et des interruptions

Les réformes successives ont conservé les nombreuses assimilations permettant aux femmes de conserver leurs droits à la pension malgré des interruptions liées à la maternité et aux différents congés pour soins ou maladie.

Ces périodes sont intégralement comptabilisées pour le calcul du montant de la pension et ne sont donc pas imputées dans le quota de 40% (diminué progressivement à 20%) de périodes assimilables.

Ces périodes d’interruption sont également assimilées pour vérifier les conditions d’accès à la pension anticipée, assurant ainsi une protection des droits complète indépendamment des choix de vie ou des responsabilités parentales.

Protection des parcours atypiques et du temps partiel

La réforme prévoit des exceptions pour protéger les femmes ayant des parcours atypiques. Ainsi, le renforcement de la condition de carrière pour la pension anticipée tient compte d’une période de travail à mi-temps (156 jours sur 312 jours pour valider une année). La condition pour échapper au malus est elle aussi adaptée aux carrières incomplètes. Une carrière complète compte 14.040 jours (312 jours x 45 ans) de travail. Pour échapper au malus, il suffit de comptabiliser 7.020 jours de travail effectif ou assimilé (les maladies et congés de maternité et congé pour soins sont assimilés à du travail effectif).

Les femmes travaillant à temps partiel voient aussi leurs droits ajustés pour atteindre la pension minimum (à temps plein si elles ont un volume de travail suffisant ou à temps partiel). Les périodes de protection liées à la maternité et aux soins sont intégralement prises en compte pour arriver aux seuils requis.

Équilibre entre valorisation du travail et solidarité

Toutes les périodes assimilées à du travail presté sont financées par la collectivité et pas par des cotisations individuelles. La prise en compte intégrale de la maternité et des crédits-temps pour soins dans le calcul des droits à pension reflète donc une solidarité envers celles et ceux qui assument des responsabilités familiales. Cette approche équilibrée évite la création de « trous » de droits et garantit que les femmes ne soient pas pénalisées pour leur engagement auprès de leurs proches.

Par ailleurs, en fixant le curseur en moyenne à un mi-temps − sans exclure ceux et celles qui travaillent moins −, le gouvernement encourage le maintien d’une activité professionnelle suffisante, condition essentielle à l’autonomie financière et à l’épanouissement des femmes (et des hommes).

Les périodes de congé pour soins assimilées sont celles qui sont indemnisées dans la réglementation sociale. Elles sont limitées dans le temps (mais représentent tout de même plusieurs années…) pour éviter de favoriser un éloignement durable du marché du travail, ce qui pénaliserait les femmes à long terme.

Information et prévention des discriminations

La réforme met en avant l’importance de données détaillées, permettant à chacun de prendre des décisions éclairées. Elle sensibilise sur l’impact des interruptions et du temps partiel, tout en garantissant des minima et un premier pilier redistributif, qui bénéficient davantage aux femmes. Mypension.be est appelé à jouer un rôle prépondérant pour garantir l’information.

La réforme des pensions réalise un équilibre délicat entre une plus grande valorisation du travail presté et la prise en compte des spécificités des carrières féminines. Elle offre une protection adaptée tout en encourageant l’activité professionnelle. En 2026, on ne protège pas les femmes en les incitant à abandonner leur activité pour prodiguer des soins à leurs enfants ou à leurs parents. On les protège en leur permettant d’exercer une activité professionnelle qui leur assure autonomie financière et épanouissement. Des leviers sont prévus : temps partiel et congés pour soins. Cela n’empêche qu’il est aussi nécessaire de développer davantage de services d’accueil abordables et accessibles et de favoriser un partage plus égal des congés pour soins et des tâches domestiques.

Partagez cette page:
A propos des auteurs
Marie-Noëlle Vanderhoven
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.