Actualités • 09 avril 2025

Un pas de plus vers le leadership belge en matière d’innovation

Le 25 mars 2025, l’Office européen des brevets (OEB) a, comme chaque année, publié ses statistiques sur les demandes de brevets européens. Leur nombre en hausse dans notre pays indique que la Belgique continue de miser sur l’innovation.

En 2024, la Belgique a enregistré 2615 demandes de brevets, soit 1,1 % de plus qu’en 2023. À titre de comparaison, la hausse était de 0,3 % en Europe au cours de cette même période. Malgré cette augmentation, notre pays conserve sa neuvième place dans le classement des pays (nombre de demandes par rapport à la population).

Les chiffres pour l’octroi de brevets sont également favorables. Il semble que l’arriéré causé par l’épidémie de Covid se résorbe progressivement. En 2023 et 2024, 1183 et 1296 brevets ont respectivement été délivrés, contre seulement 919 en 2022.

R&D et brevets : un levier pour la prospérité économique

La Belgique reste l’un des pays les plus intensifs en R&D en Europe et dans le monde. Malgré cette bonne position, la Belgique est ‘seulement’ un innovateur notable, selon le tableau de bord européen de l’innovation (European Innovation Scoreboard). La Commission européenne estime que cela s’explique en partie par le faible niveau d’accumulation de propriété intellectuelle (PCT, demandes d’enregistrement de marques déposées et de modèles). Le nombre de demandes et d’octrois de brevets reste donc un indicateur clé pour suivre la compétitivité de nos entreprises.

Si les derniers chiffres de l’OEB sont positifs, ils révèlent néanmoins qu’il reste du pain sur la planche pour traduire concrètement la R&D en innovations commercialisables. Les chercheurs et les entreprises doivent intensifier leurs efforts pour commercialiser les connaissances et les compétences acquises et les transformer en biens, services et processus innovants.

La Belgique et les secteurs stratégiques européens

Par ailleurs, les chiffres suggèrent que l’innovation belge diverge sensiblement de la dynamique européenne. Alors qu’en Europe, les demandes dans le domaine des technologies informatiques (+3,3 %) et des machines électroniques (+8,9 %) ont connu une forte croissance (en plus de l’augmentation de +5,4 % dans le secteur biotechnologique), ce n’était pas le cas dans ces secteurs en Belgique. La croissance y a stagné, voire même diminué. En revanche, la Belgique a enregistré une hausse nettement plus importante dans les techniques chimiques (+42,1 %), les matériaux et la métallurgie (+39,7 %), la technologie de surface et les revêtements (+38,2 %), les transports (+24 %) et le génie civil (+15 %).

Les chiffres de l’innovation pour la Belgique sont positifs, mais les entreprises doivent miser davantage sur des innovations commercialisables.

Cependant, les cinq premiers secteurs belges en termes de demandes de brevets restent la biotechnologie, la pharmacie, la métallurgie, les autres machines spécialisées et la technologie médicale, même si ce dernier secteur a connu une forte baisse (-26 % contre -3 % en Europe).

La question se pose de savoir si nos entreprises peuvent répondre de manière adéquate à la nouvelle dynamique européenne. Sont-elles suffisamment armées pour faire face aux nouveaux défis sociétaux (par exemple, le besoin d’indépendance technologique, la défense…) ? Ne devraient-elles pas être impliquées dans l’expansion et le renforcement des secteurs stratégiques européens ? Nous attendons dès lors avec impatience la poursuite de l’élaboration d’initiatives à cet égard aux niveaux européen et fédéral en coopération avec les régions.

Une chose est sûre : pour renforcer sa capacité globale d’innovation, notre pays doit consolider ses écosystèmes performants de R&I (R&D et d’innovation). Comme le montrent les chiffres relatifs aux 10 principaux déposants de brevets en Belgique, c’est précisément la collaboration saine et l’échange de connaissances entre les entreprises, les centres de recherche et les universités qui génèrent les résultats les plus concrets en termes d’innovation.

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A propos des auteurs
Koen De Munck
Centre de compétence Économie & Conjoncture