Actualités 04 juin 2026

La 114e Conférence internationale du travail s’est ouverte à Genève

Renforcement de la justice sociale et promotion du travail décent

La 114e Conférence internationale du travail, la réunion annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT), a débuté officiellement le 1er juin, à Genève. Plus de 5000 représentants de gouvernements, d’employeurs et de syndicats des 187 États membres s’y sont inscrits et prennent part à deux semaines de discussions et de négociations au sein du « Parlement mondial du travail ».

Ils discuteront notamment de l’économie des plateformes, de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail et du rôle du dialogue social et du tripartisme. Et, bien sûr, la Commission de l’application des normes abordera la question des violations graves des conventions de l’OIT. Le rapport détaillé du directeur général, M. Gilbert F. Houngbo, intitulé « À l’heure des choix : Mettre l’intelligence artificielle au service du travail décent », sert de fil conducteur à la conférence. Les chefs de délégation manifesteront leur soutien et/ou émettront leurs critiques à cet égard dans des allocutions prononcées en séance plénière.

Une norme pour un travail décent dans l’économie des plateformes

La conférence vise à établir une norme internationale pour un travail décent dans l’économie des plateformes. Pour sa deuxième année de discussions, la commission en charge suscite un intérêt croissant et attire les foules. En 2025, les travaux ont permis d’adopter les définitions et le champ d’application des textes – Convention et Recommandation – qui constituent désormais la base des négociations. Ces éléments servent aujourd’hui de fondement aux dispositions de fond relatives aux droits et obligations ainsi qu’aux relations contractuelles entre les plateformes et les « travailleurs » de plateforme. De nombreux points restent toutefois en discussion et devront être examinés, puis adoptés au cours des deux prochaines semaines. Dans ce contexte, les employeurs continuent à mettre en garde contre une réglementation excessivement contraignante. Une telle réglementation risquerait en effet de freiner l’innovation et de compromettre les opportunités offertes par ces outils de travail.

Le renforcement structurel de l’égalité des sexes sur le marché du travail

La Commission chargée de la discussion générale sur « Le programme porteur de changements en faveur de l’égalité des genres au travail » est axée sur le renforcement structurel de l’égalité des sexes sur le marché du travail, par exemple au travers de l’égalité de rémunération, de la participation inclusive à ce marché et d’un environnement de travail sûr. Le contexte est celui du progrès et d’une dynamique clairement positive : de plus en plus d’entreprises et d’organisations d’employeurs s’engagent activement en faveur de l’égalité des genres et reconnaissent sa valeur ajoutée en termes de performance, d’attraction des talents et d’innovation. Dans le même temps, il reste possible d’accélérer encore cette évolution, par exemple en permettant à plus de femmes d’accéder à des postes de direction et en ancrant davantage les initiatives en faveur de l’égalité des sexes au cœur des organisations. Du point de vue de l’employeur, l’accent est donc mis sur une approche pragmatique et axée sur l’entreprise, qui ne considère pas l’égalité des genres comme une question isolée, mais comme un élément stratégique de l’entrepreneuriat durable, l’attention étant portée sur des mesures réalisables et l’élimination des obstacles qui subsistent.

Les défis liés au renforcement du dialogue social

La commission chargée du point dit récurrent effectue un exercice annuel visant à examiner alternativement l’un des quatre piliers de l’OIT en matière de justice sociale. Cette année, le dialogue social et le modèle du tripartisme font l’objet de cette discussion récurrente visant à adopter une 3e résolution, à la suite de celles prises en 2013 et en 2018. La commission liée à ce thème se penche sur les défis liés au renforcement du dialogue social, en période de changements importants, pour que celui-ci soit effectif et efficace, à l’aménagement d’un environnement favorable au dialogue social, et au rôle de l’OIT à ces fins. Une approche équilibrée entre les intérêts et les attentes des employeurs et des travailleurs doit être le socle du dialogue social dont la portée est plus large que la négociation collective. La compréhension, la viabilité et la compétitivité de l’activité économique sont en effet trois conditions essentielles à une coopération menant à un travail décent et à la justice sociale.

Enfin, il y a également le tribunal de la conférence, la Commission de l’application des normes, avec son statut permanent, qui discute d’une série de cas de non-application ou de violation des normes internationales. Cette année, 23 pays doivent répondre de leurs actes. Trois cas concernent des infractions fondamentales présumées. Pendant un moment, il a été question que la Belgique figure sur la liste pour la première fois dans l’histoire de l’OIT, en raison d’une plainte syndicale concernant des violations présumées de la convention 122 « Politique de l’emploi ». Heureusement, notre pays a depuis été retiré des travaux. Comme chaque année, cette même commission organise également un débat sur un thème spécifique et, cette fois, il s’agit de « L’emploi et le travail décent pour la paix et la résilience ».

La délégation de la FEB, qui participe activement aux débats, est composée (sur la photo, de g. à dr.) d’Annick Hellebuyck, Elisabet Lenaerts, de Marie-Lise Pottier, Jean-Charles Parizel et Kris De Meester. Pour la FEB, en tant que représentante du monde des entreprises en Belgique, il est important de figurer au premier plan des discussions internationales sur le travail, dans l’optique de définir des conditions de concurrence aussi équitables que possible pour les entreprises et les organisations, ainsi que des conditions qui encouragent et permettent l’entrepreneuriat durable.

Voir aussi ilo.orget internationalview.org

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A propos des auteurs
Kris De Meester
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
Annick Hellebuyck
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
Jean-Charles Parizel
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
Marie-Lise Pottier
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
Elisabet Lenaerts
Centre de compétence Emploi & Sécurité sociale
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